vérités d'hier ...

Publié le 25 Octobre 2011

L'air du temps est changeant, les idées évoluent à la  vitesse de l'éclair, ce qui était noir hier devient blanc aujourd'hui.

Les idées-force d'hier, celles contre lesquelles il ne fallait pas aller, au risque de passer pour un passéiste hermétique au changement du monde, sont mises a bas :

- l'euro doit apporter bonheur et prospérité,

- un euro fort est source de rigueur budgétaire et de respect des grands équilibres

- l'euro et la zone euro sont gages de stabilité monétaire

- les emplois dans les  industries traditionnelles peuvent disparaître, l'innovation et la technologie vont les remplacer

- le marché a toujours raison, n'entravons pas son fonctionnement

- l'Etat ne doit pas intervenir, laissons faire le marché.

L'air du temps s'est retourné:

misere.jpg- l'euro fort a amené la perte de compétitivité de l'Europe, entraînant faillites et délocalisations

- faute de volonté politique, l'euro fort et la zone euro n'ont pas évité le laxisme de la gestion de certains États. Explosion de l'endettement et des déficits ont été la règle dans la majorité des États, les règles de Maastricht n'ont été appliquées que par une petite minorité d'entre eux. Un des premiers actes de Sarkozy n'a-t-il pas été d'aller à Bruxelles plaider le non respect par la France de ces règles ?

- en interdisant le recours aux dévaluations, qu'on appelait compétitives, la stabilité monétaire a entraîné des plans d'austérité générateurs de faillite et chômage

- si des pans entiers de l'industrie ont disparu, battus en brèches par la concurrence des pays à bas coûts, ces mêmes pays ont su s'approprier les technologies, ne laissant à l'Europe que bien peu de domaines de compétitivité

- ce sont les États qui ont sauvé les banques et les économies en 2008. Ce sont encore leurs interventions qui sauveront, peut-être, ces mêmes banques et ces mêmes économies. L'absence d'orientations industrielles et de grands projets de la part d'une Europe mobilisée au respect impérieux de la libre concurrence a sa part de responsabilité dans le naufrage actuel.

 

Dans tous les cas, des soi-disant experts sont montés au créneau, avec beaucoup d'assurance et de condescendance, pour nous montrer le chemin de la vérité.

Après l'optimisme béat des premières années, le temps est au catastrophisme intégral. Ce sont souvent les mêmes qui prédisaient le meilleur, qui maintenant nous font miroiter le pire.

Soyons optimistes, et espérons que la noirceur des opinions ambiantes soit aussi excessive qu'était aveugle l'optimisme passé.

L'Europe s'est construite à partir de crises. Mais celle-ci est certainement la plus grave, parce que ce n'est pas seulement une crise financière.

L'Europe est en panne de croissance.

Il manque à l'Europe de retrouver des perspectives de croissance. Et ce n'est pas dans les plans d'austérité qu'on les trouvera. L'Europe a perdu sa compétitivité, et donc son industrie et ses emplois. Ceux qui le disaient il y a quelques années criaient dans le désert !

euro-fort.jpgFace à un euro trop fort, satisfaisant l'ego des politiques et des directeurs de banques centrales, et face au credo néo-libéral des bienfaits de la libre concurrence, des centaines d'entreprises ont été balayées dans l'indifférence générale, et les emplois avec. Les plus importantes ont réussi tant bien que mal à survivre en délocalisant ou sous-traitant à l'étranger tout ou partie de la production. Sans éviter l'emploi de se réduire.

On ne trouvera pas la martingale qui nous éviterait la déconfiture que les plus optimistes d'hier se mettent à craindre aujourd'hui. 

Une Europe à deux vitesses est une idée qui se répand, qui ne manquerait pas de se faire autour du bon élève qu'est l'Allemagne.  Des allemands avaient proposé au premier ministre Balladur de s'engager sur un tel projet, débouchant sur une Europe fédérale. Le français avait refusé. Pas sûr que le train passera une deuxième fois. En tous cas pas aux mêmes conditions.

 

PS un article paru dans Le Monde du 25 octobre intéressant pour le constat qui est présenté.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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