dérives

Publié le 26 Octobre 2011

L'inégalité croissante dans les entreprises peut déboucher sur un désintérêt du travail.

Les banques aiment traditionnellement la discrétion. C'est une exigeance déontologique, derrière laquelle elles peuvent aussi dissimuler des choses moins avouables. 

Mais avec l'hyper-médiatisation de nos sociétés et une vitesse de circulation de l'information en quasi temps réel, certains petits secrets qu'on aurait préféré garder pour soi ne peuvent éviter de transparaître. 

Comme la rémunération extravagante des traders, aux métiers pour nombre d'entre eux présentant une utilité sociale faible ou nulle.

Comme les traders fous, qui font perdre à la banque des milliards de dollars, parce que l'appât du gain est plus fort que les exigeances de rigueur.

Comme les rémunérations des présidents de banque, parmi les plus fortes des sociétés du Cac 40. On se souvient du temps où le Président de la SG était classé au deuxième rang des très gâtés pdg du Cac.

Money-can-t-buy-me-happiness.gifAujourd'hui, ce sont les Caisses d'Epargne qui sont épinglées. Le syndicat SUD de la BPCE publie la rémunération des patrons des 17 Caisses régionales des Caisses d'Epargne.

C'est édifiant : la rémunération annuelle fixe va de 245 000 euros à 435 000 euros ! A laquelle il faut ajouter la part variable, qui peut s'élever à la moitié de la rémunération fixe annuelle!

Pas sûr que ce salaire soit en proportion des prises de risques et d'initiatives, de la créativité, de l'apport commercial!

Un écart grandissant. 

Pour se défendre, la direction de la Caisse d'Epargne précise qu'elle est dans le marché, et que cette rémunération se compare à la concurrence.

Symbole du grand écart enregistré depuis quinze ans entre les rémunérations des dirigeants du premier cercle, et celles des 85% des salariés.

La crise qui frappe la France, c'est aussi ça. Un travail dévalué, sous-rémunéré pour le plus grand nombre, face à des dirigeants qui font fortune en quelques années. Comme si une entreprise ne pouvait survivre qu'avec quelques "yakafocon", aussi bons soient-ils!

Henry Ford disait il y a bien longtemps qu'au-delà d'un rapport de un à dix entre les salaires les plus hauts et les plus bas, une entreprise serait en situation de conflit. On est déjà dans le cas présent dans un rapport de 1 à 30.

Et ce ne sont que des présidents de caisses régionales, à la liberté de manoeuvre et à la responsabilité limitées!

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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