Paris - Opéra Garnier

Publié le 25 Octobre 2011

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Le 14 janvier 1858, l'empereur Napoléon III est visé par un attentat, fomenté par Orsini, rue Le Peletier, alors qu'il se rendait à l'Opéra de Paris. L'empereur décidera alors la création d'un opéra dans un lieu aux dimensions plus larges. Un concours, procédure nouvelle, est ouvert le 29 décembre 1860.

171 architectes répondent présents, et le public suit avec intérêt la procédure. Et surprise! les grands architectes installés, comme Viollet-le-Duc, ne sont pas retenus.

Charles_garnier.jpgLe gagnant ?

Charles Garnier,  un jeune architecte de 35 ans, qui n'a pas encore construit grand-chose. Mais prix de Rome 1848, il présente un projet qui séduit par son audace et une organisation qui correspond bien aux différentes affectations des bâtiments.L'emplacement sera imposé par Haussmann, qui sera intraitable sur la surface étriquée, en forme de losange, qui lui est réservée. Car le nouvel opéra doit être entouré d'immeubles de rapport. Leur hauteur sera augmentée par rapport à celle prévue, et il faudra ajouter un étage à l'Opéra pour qu'il ne soit pas plus bas que les bâtiments qui l'entourent.

La construction va durer 15 ans, et sera achevée en 1875. Des échafaudages et une verrière cacheront la construction aux yeux des parisiens, pour que l'effet de surprise soit total.

La légende du lac sous l'Opéra

Les fondations nécessitées par l'importance du bâtiment ont amené à atteindre le niveau des nappes phréatiques. Pour s'en protéger, un cuvelage en béton est construit, qui sera rempli d'eau pour mieux résister aux eaux d'infiltration. Il sert encore aujourd'hui de réserve d'eau pour les pompiers.

Il n'en fallait pas plus pour donner naissance à la légende d'un lac, qui serait alimenté par un rivière, la Grange-Batelière. Gaston Leroux (1868-1927) en a fait l'élément clé de son célèbre roman "Le fantôme de l'Opéra".

Le coût total aura été de 36 millions de francs-or, pour un budget initial du 15 millions. Les difficultés budgétaires, la guerre contre la Prusse et la chute de Napoléon III, l'arrivée de la 3ème république auront ralenti, voire stoppé, le chantier. Il reprendra en accéléré après l'incendie de l'opéra Le Peletier en 1873, qui conduira à sa démolition..

OperaCoupe_20070324.jpgLes façades à peine dévoilées, Garnier demande à Haussmann le percement d'une grande avenue donnant accès directement au Palais des Tuileries. Ce sera l'avenue de l'Opéra, non prévue dans les plans initiaux du baron urbaniste, qui sera achevée en 1879. Garnier  impose de la faire sans arbre, afin que rien ne vienne empêcher d'admirer son oeuvre.

Une inauguration provisoire de la façade eut lieu en 1867 à l'occasion de l'exposition universelle. Mais l'opéra était très loin d'être achevé. L'impératrice Eugénie commenta ainsi les plans : « Qu'est-ce que c'est que ce style-là ? Ce n'est pas un style !  Ce n'est ni du grec, ni du Louis XV,   pas même du Louis XVI ». Et Garnier de répondre : « Non, ces styles-là ont fait leur temps. C'est du Napoléon III.  Et vous vous plaignez ! »

L'inauguration définitve a lieu le 5 janvier 1875. Elle est présidée par Mac-Mahon, président de la nouvelle république, en présence de hauts dignitaires de France et d'Europe et 2000 invités. Charles Garnier, dit-on, aurait payé sa place. Il payait ainsi d'avoir servi un régime déchu. L'ingratitude, comme la mesquinerie, des hommes est intemporelle.

Napoléon III n'aura pas eu le temps d'assister à une représentation. Il abdique en 1870, et meurt en 1873.

La décoration intérieure est marquée par une richesse qui vous saute aux yeux, une orgie de marbre, dorures, lumières, sculptures et tableaux, mosaïques ...

Le grand escalier d'apparat, fait de marbres de différentes couleurs, aux matières variées, mène à la salle de spectacle et aux différents foyers. Somptueux, d'une ampleur inégalée, il est un lieu de représentation sociale et de mondanités.


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Le grand foyer et ses salons s'inspirent directement des galeries des châteaux Renaissance et du siècle de Louis XIV. On pense tout de suite à la galerie des glaces, où pas un cm ² n'échappe à la décoration. Dorures, peintures, sculptures, miroirs vous remplissent les yeux dans une explosion de lumière.Le beau plafond peint par Paul Baudry (1828-1886) décline des thèmes de l'histoire de la musique. La lyre en est l'élément décoratif principal.

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Le salon du Glacier est une rotonde fraîche et lumineuse, ornée d'un plafond peint par Clairin (1843-1919).Décor composé d'une ronde de bacchantes et de faunes, et de cartons de tapisserie illustrant diverses boissons (thé, orangeades, café ...).

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Je n'ai pas eu l'occasion de visiter la salle, fermée pour cause de répétition.

Le diaporama complet (54 photos) et musical.

Rédigé par jdio

Publié dans #escapades

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