alors que faire?

Publié le 20 Novembre 2012

La perte du 3ème A de la France est le fruit de 60 ans de laxisme.

La nouvelle dégradation de la France était prévue. Un troisième A s'envole, seule l'Agence Fitch, à capital détenu à 50% par Marc Ladreit de Lacharrière, maintient encore la note maximale.

Il aurait été plus pertinent qu'elle intervienne il y a six mois, avant l'expression de la volonté du nouveau gouvernement de s'attaquer aux problèmes. Mais malgré tout le mal qu'on peut penser de ces agences de notation, et malgré toutes les réserves qu'on peut avoir du rôle majeur apporté à ces officines, le constat ne comporte pas moins des vérités que tous les français doivent s'approprier.

Moody's pointe en premier la perte de compétitivité de la France. Ce qui est dommage, c'est que ce point n'avait pas été souligné par l'Agence il y a seulement six mois, et que c'est le plan du gouvernement qui lui a fait soulever cette faiblesse.

La faible compétitivité de la France est le mal endémique de notre pays.

Pour ne remonter qu'à l'après-guerre, il faut se souvenir que toutes les années qui nous paraissent aujourd'hui si prospères ont été marquées par des déficits de la balance commerciale, signe de l'attractivité insuffisante de nos produits. Salaires et charges sociales trop élevées, dira-t-on. Trop facile! Les allemands ont des charges à peine moins lourdes, si tant est qu'elles le soient, et dégagent une balance commerciale structurellement créditrice: plus de cent milliards d'euros, contre un déficit voisin du même montant pour la France. Nos entreprises sont culturellement trop centrées sur le marché intérieur, les plus grandes n'embarquent jamais les plus petites avec elles. Jusqu'à la mise en place de l'euro, la France a résolu ces problèmes de compétitivité par des dévaluations répétées dites compétitives. Impossible aujourd'hui. Le gouvernement de M. Hollande est le premier à s'attaquer au sujet depuis longtemps. Tous les français, au-delà des clivages politiques, doivent souhaiter le succès des mesures annoncées, il y va de leur avenir.

L'Agence pointe aussi la rigidité du marché du travail en France. Il faudrait faciliter les licenciements, pour permettre l'embauche. C'est bien sûr le rêve de tous les chefs d'entreprises, et ce serait aussi un recul social considérable, mettant à terre les personnes les plus fragiles. C'est une des conséquences néfastes de la mondialisation que de rendre inévitables un nivellement par le bas des rémunérations des ouvriers et employés, et de fragiliser leurs conditions de travail en  remettant en cause l'existence même des CDI. 

Moody's met en exergue les perspectives budgétaires de la France. Voilà encore une "négligence" endémique à notre pays. Quasiment aucun budget n'a été à l'équilibre depuis la guerre. L'Etat dépense, distribue, fait des cadeaux, emploie. Sans compter, depuis des décennies. Comme les régions, les communes, les villes, qui ne connaissent pas la crise, et continuent à augmenter les impôts sans décence, quelle que soit la conjoncture.

Il n'y a pas de progrès sans progrès social. Celui-ci nous est dorénavant interdit. Si les mesures du gouvernement ont été appréciées par l'Agence, elles n'ont fait qu'éviter une dégradation plus forte. Ce qu'attend l'Agence? des vrais plans d'austérité, débouchant sur des licenciements enfin libres, des emplois publics en chute, des impôts en augmentation pur supprimer les déficits.

Un hic : la France est aussi pénalisée parce que ses perspectives de croissance sont nulles. Mais les mesures qu'on voudrait voir appliquées ne sont porteuses que de récession. Comme on le voit en Grèce, en Espagne, au Portugal.

Alors que faire, Messieurs les experts?

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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