les mauvais élèves

Publié le 20 Novembre 2012

Il est toujours périlleux de s'ériger en donneur de leçons, le professeur peut vite devenir mauvais élève.

fillon.jpgC'est ce qui est arrivé ce dimanche à l'UMP, avec des élections à sa présidence plus proches des pratiques des républiques bananières que des manières démocratiques.

Il en ressort un président élu avec une majorité d'un cheveu, mais surtout à la personnalité et au programme politique ambigus. A son image d'homme ambitieux et sans scrupule, s'ajoute une droitisation du discours aux fins de se démarquer de son adversaire, mais qui compromet  l'avenir de l'UMP, à moins d'un virage à 180°. Il aura quatre ans pour le négocier, et pour démontrer qu'il n'est pas qu'une petite frappe avide d'honneurs et de pouvoirs, mais un homme d'état disposant d'une vraie vision.

Il en resort un favori battu, de justesse certes, mais nettement eu égard aux prévisions, et son intime conviction. Fillon a surestimé l'apport de popularité de ses cinq années de premier ministre. Il a oublié que ces cinq années se sont soldées par la défaite de son équipe. Il a oublié qu'il a été le plus fade premier ministre de l'histoire de la 5ème république, sa capacité à avaler les couleuvres ne suffit pas à faire un homme d'état.

Il en resort un parti en sursis, profondément divisé, avec un leader brillant certes, mais loin de faire l'unanimité, et qui devra  dépasser ses capacités de polémiste pour convaincre qu'il peut aussi être un homme d'état. Copé a été élu sur un discours droitier, qui est loin de faire l'unanimité à l'UMP. Les risques de scission sont forts, de querelles internes et de coups bas certains. Les blessures sont profondes, et la sentance de Fillon parlant de fracture morale laissera des traces.

En politique comme ailleurs, rien n'est jamais irrémédiable, mais le redressement sera long.

Les politiques ont pour ambition de gouverner un pays, en rassemblant les citoyens pour que tous marchent dans le même sens, en en laissant le moins possible sur les bas-côtés. Il est désespérant de les voir s'humilier et se détruire dans des querelles internes minables, pour la sauvegarde de leurs seuls intérêts personnels. C'est peu dire qu'ils ne sortent pas grandis de ces gesticulations manoeuvrières.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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