perte record chez UBS

Publié le 15 Septembre 2011

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La banque suisse UBS annonce dans un court communiqué qu'un trader a fait perdre 2 milliards de dollars à la banque.

 

Alors que les banques sont depuis des mois dans le collimateur des marchés, que leur valeur a fondu comme neige au soleil, que les rumeurs qui ne cessent de circuler diffusent la peur et tuent la confiance,  créant par là même la situation de crise redoutée, la banque suisse UBS annonce une fraude, aux conséquences plus fortes encore que l'affaire Kerviel, qui coûterait à la grande banque suisse la somme rondelette de 2 milliards de dollars.

Un trader aurait pris des positions non autorisées. Suffisamment élevées tout de même pour causer une telle perte!

UBS a indiqué qu'elle conduisait une enquête sur ces transactions, tout en précisant qu'aucune position de clients n'avait été affectée.
Cette annonce tombe alors que l'établissement commençait à regagner la confiance des investisseurs après avoir fait l'objet d'un sauvetage en 2008 par la Suisse, suite à des pertes très importantes liées à la détention d'actifs toxiques.
Le mois dernier, UBS avait annoncé son intention de supprimer 3 500 postes en vue de réduire ses coûts de 2 milliards de francs suisses. Faudrat-il en rajouter 3000 autres pour éponger la perte ?

Bâle II, Bâle III, les contrôles internes en tous genres, rien n'y fait.

La banque de marché est tellement complexe, les opérations tellement obscures, qu'on a le sentiment que peu de gens comprennent les processus dans leur globalité, laissant la porte ouverte aux plus avides et moins scrupuleux. On nous dit que la volatilité extrême que connaissent les marchés avec des variations inhabituellement fortes en très peu de temps augmentent les risques. Soit.

Alors il convient de s'interroger sur la pertinence de maintenir de telles activités, sans utilité économique bien souvent, dont l'intérêt premier est de gagner de l'argent, beaucoup d'argent, et d'en perdre aussi, beaucoup. En d'autres lieux, on parlerait d'activité casino.

L'histoire n'a pas servi de leçon, la banque de marché/spéculation a repris du poil de la bête, les mirobolants bonus sont versés à coups de milliards. Toutes les grandes banques misent encore sur la banque de marché pour doper leurs résultats, parce qu'elles n'ont pas le choix si elles veulent afficher des résultats élevés et en augmentation ! Si on veut que ces spéculations cessent, il faut aussi que le marché accepte des rentabilités moindres, et des progressions de résultats économiquement raisonnables!

On dit n'importe quoi actuellement sur les banques, qui sont le bouc émissaire tout trouvé aux difficultés du monde. Elles ont leur part de responsabilité, comme tout un chacun. Mais tous les agents économiques entrent dans le jeu néo-libéral, de façon plus ou moins contrainte.

Face à un marché obnubilé par le résultat, le profit est devenu la seule finalité des grandes entreprises. Karl Marx se régalerait !

Placardisées les grandes idées sur le rôle social des entreprises. Vendre plus, toujours plus, et au coût de revient le moins cher possible. Quitte à délocaliser, et supprimer des emplois sur leurs marchés d'origine. Au seul bénéfice des actionnaires et des détenteurs de stock-options.

Mais les consommateurs ont aussi leur part de responsabilité. Le consumérisme est mort-né, en tous cas en Europe, et le consommateur reste sans pouvoir, parce qu'il se soumet. Sans remettre en cause l'ouverture des frontières et la liberté du commerce, un tout petit peu plus de "nationalisme économique" et de responsabilité de la part du consommateur sauverait plus d'emplois que les multiples plans qui sont pondus tous les deux ans depuis trente ans. Comment reprocher à Peugeot ou à Renault de gonfler les emplois en Europe de l'Est ou en Asie au détriment de la France, quand les français se précipitent de plus en plus sur les véhicules made in Asia, sans raison objective. Moins d'une voiture neuve sur deux vendue en France est française!  

C'est une autre ère qui commence.

chine-puissance.jpgParadoxalement, les marchés n'ont pas réagi à l'annonce de la perte de la banque suisse, seul le titre UBS enregistre une modeste baisse de 5%. Pourtant, 2 milliards de dollars, c'est plus du double de ce que perdrait la SG si la Grèce faisait faillite !

Les marchés sont grisés par la conférence germano-franco-grecque de la veille, et par l'annonce de la Chine, qu'elle soutiendrait les économies menacées ou risquant de l'être, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, la France.

Le monde occidental se place désormais sous la protection de la Chine, et ses 3000 milliards de dollars de réserves de change. Ce ne sera pas sans contre-partie, la Chine ayant déjà habilement demandé que la date de reconnaissance par l'OMC qu'elle est une économie de marché soit avancée par rapport à la date fixée de 2016.

C'est la fin du parapluie américain, et de l'influence américaine en tant que première puissance mondiale. Dans ce monde de l'argent-roi, le roi est chinois.

Une belle revanche pour cet immense pays, méprisé ces derniers siècles par une Europe parvenue et conquérante.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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