la leçon de la Chine

Publié le 7 Novembre 2011

La France ne décide plus de sa politique économique.

Et la gouvernance européenne n'a pas pris le relai.

 

L'Etat-providence à l'occidentale n'a pas l'heur de plaire aux chinois! " Les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivant d'acquis sociaux ", a déclaré Jin Liqun, qui dirige le fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC). " Les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l'indolence, plutôt qu'à travailler dur ", a poursuivi M. Jin, demandant aux gouvernements européens des réformes avant un éventuel soutien chinois. 

 

Le gouvernement français présente son second plan d'austérité en trois mois. Même s'il s'efforce de préserver la croissance, il vise à plaire au FMI et aux agences de notations. Moody's, qui a l'europe dans le collimateur, n' a pas manqué de souligner le risque que prend l'Europe en voulant s'attaquer au pouvoir de ces mêmes agences! Touchez pas à mon business, dit Moody's, sinon c'en est fait de votre triple A.

 

Avant l'euro, tout plan d'austérité qui se respecte associait une dévaluation, pudiquement appelée compétitive, pour soutenir l'économie et éviter la récession. Elle avait pour effet de donner un coup de fouet aux exportations, et de diminuer les importations par l'effet du renchérissement de leurs prix. Avec deux limites: le danger de l'inflation, et une inélasticité par rapport au prix de beaucoup de produits  qui n'ont dorénavant plus d'équivalent "made in France".

La monnaie ne pouvant plus être variable d'ajustement, c'est le chômage qui l'est devenu. Et il va venir contredire le plan d'austérité en contribuant à augmenter les dépenses de l'Etat (indemnisations) et en diminuant la consommation, et donc la croissance. Et créera la récession.

Ainsi, qu'on le veuille ou non, la politique économique de la France ne se décide plus en France.

Le contrepoids qu'aurait pu être l'Europe a échoué, il n'y a pas de pouvoir européen. La crise grecque l'a bien montré, qui a vu l'Europe agir seulement en défensif et à la dernière extrêmité, et par les seuls Merkel et Sarkozy.

S'il faut laisser aller un peu l'euro pour retrouver de la compétitivité, ce ne peut qu'être une décision de gouvernance européenne. Qui malheureusement n'existe pas, et qu'une BCE obsédée par le dogme de l'euro fort, aux bienfaits jamais démontrés, ne remplace pas. De plan d'austérité en plan de rigueur, la maladie de la Grèce va très rapidement s'étendre à toute l'Europe.

La Chine nous fait donc la leçon. Avec des choix qui sont à l'opposé des notres :

- indifférence aux droits de l'homme, sociaux et politiques,

- maintien de la monnaie à un niveau artificiellement bas dans le but de stimuler les exportations.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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