bilan

Publié le 10 Février 2012

Le règne de Nicolas Sarkozy avait commencé dans le ridicule : dîner au Fouquet's, croisière sur le yacht d'un ami milliardaire, puis vacances américaines à 22000 € la semaine.

Il s'achève sur l'ignoble, où, pour régner, il choisit de diviser en opposant les bons français aux moins bons. Et de stigmatiser les musulmans, les salariés qui coûtent trop cher en salaires et avantages sociaux, les chômeurs qui sont tous des fainéants et des profiteurs.

Entre temps, le chômage a explosé pour s'approcher de ses records historiques. L'endettement de la France et les déficits budgétaires se sont accrus dans des proportions inimaginables, mettant à bas le postulat que la droite est bonne gestionnaire, au contraire d' une gauche qui ne saurait que dépenser. La compétitivité de la France a accentué sa descente aux enfers, entraînant des centaines de milliers d'emplois supprimés au travers de fermetures d'usines et de délocalisations. Le taux des prélèvements fiscaux et sociaux a poursuivi de plus belle son expansion, et frôlerait les 50% avec la TVA dite sociale.

Tout n'est évidemment pas imputable à la gestion de Nicolas Sarkozy.

La crise financière mondiale, avec sa suite sur la zone euro, la mondialisation à tout crin, et la liberté de commercer sans entrave, le refus de la Chine de réévaluer sa monnaie pour redonner un peu de compétitivité aux autres pays, sont des données qui s'imposent au monde, et il n'est pas certain que le successeur de l'actuel président, s'il est battu, s'en dépatouillera mieux.

La France en tous cas a fait moins bien que l'Allemagne et certains pays du Nord. Il est vrai que l'Allemagne a toujours fait mieux que la France, les années difficiles qui ont suivi la réunification l'avaient fait oublier. On n'a pas non plus assez relevé l'exceptionnel succès de cette réunification.

Alors que l'Allemagne dégage un excédent commercial de 150 milliards d'euros, la France affiche un déficit de 75 milliards. Voilà qui entraîne la France dans la catégorie des pays européens de deuxième zone. La conséquence politique n'est pas mince.

Un pays est fort par son économie. Le reste suit. Celle de la France est en baisse relative, comme est appelée à l'être son influence dans la zone euro. Les gouvernements successifs n'ont pas su ou voulu voir l'appauvrissement dans lequel la France s'enlisait avec l'érosion de son industrie. Il est bien tard aujourd'hui pour agir, ni la droite ni la gauche n'ont de solutions convaincantes, si tant est qu'il en existe. Il est un fait que la France n'a jamais aimé son industrie, à la différence de l'Allemagne, que les privilégiés qui nous ont gouverné ou nous gouvernent, aristocrates ou énarques, regardent avec mépris les métiers marchands, n'enviant que les super-rémunérations des dirigeants.

Pour toute solution, les hommes de droite stigmatisent le modèle social européen, trop généreux, trop protecteur. Trop humaniste!

Ne se trompent-t-ils pas de combat?

N'est-ce pas plutôt le modèle social chinois, indien ou thaïlandais contre lequel il faut s'élever? Condition ouvrière digne du 19ème siècle, absence de protection sociale, pas d'assurance chômage, pas de retraite. Est-cela qu'on veut en France et en Europe? Est-cela le progrès et le sens de l'histoire?

Est-ce qu'un smicard à 1000€ par mois est un privilégié, même s'il peut bénéficier d'avantages sociaux divers? Est-ce que les trois millions de chômeurs sont tous des parasites et des profiteurs? NS souhaiterait couper les aides au premier refus d'emploi proposé par Pôle emploi. Si au mois de mai ce même NS se retrouvait chômeur, ce qui aujourd'hui paraît vraisemblable, serait-il disposé à faire le premier boulot qui lui serait proposée par Pôle emploi?

Une vraie réflexion de fond est à entreprendre. Elle semble absente aujourd'hui, où les rares intellectuels qui se revendiquent comme tels sont plus militants que brasseurs d'idées, et où les hommes politiques ont pour la plupart le même parcours, et la connaissance des lambris des palais de l'Etat plus que du terrain où se passe la vie réelle.

La présidence française a été marquée par une hyper-activité du président, réduisant la fonction de premier ministre à celle de bouffon de la république, et par un singulier manque de vision. La réaction à l'évènement ne suffit pas à un bilan de président.

Le peuple jugera bientôt, dans un des rares exercices de la démocratie. Dans des formes heureusement plus châtiées que celles employées par NS au salon de l'agriculture. sarko-con.jpg

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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