politique industrielle ?

Publié le 11 Février 2012

Les élections présidentielles ont ça de bon: elles mettent sous les projecteurs, "un instant, mais un instant seulement, Monsieur" des problèmes importants et récurrents, de ceux qui se résolvent sur le long terme, bien au-delà des échéances électorales.

Ainsi en était-il des banlieues comme on dit très inexactement, des cités plus précisément. Et chacun y allait de son couplet pour transformer les cités dortoirs en cités "radieuses". On n'est guère allé plus loin que la désignation d'un ministre et un classement des cités à risques.

Aujourd'hui, l'air du temps politique est à la désindustrialisation de la France. Elle un phénomène continu depuis une bonne trentaine d'années, mais ses conséquences sur l'économie et l'emploi ne semblent avoir été découvertes par nos dirigeants que tout récemment. 

Fort de son carnet d'adresses et de sa fonction de président, Nicolas Sarkosy s'est agité pour voler au secours de deux entreprises en perdition,  souvent évoquées dans ces colonnes depuis plusieurs mois.

lejaby.JPGPour Lejaby, il a été fait appel à l'un des 55 invités du Fouquet's, Bernard Arnault. Il est confirmé que Lejaby ne produira plus en France, et que sa production industrielle sera délocalisée à 100%. Mais l'usine d'Ysaingeaux sera reconvertie dans la maroquinerie et les ouvrières formées à un nouveau métier. LVMH signe avec ce sous-traitant Vuitton un contrat par lequel il s'engage à s'approvisionner chez lui.

Photowatt, c'est le pionnier des panneaux voltaïques, en son temps un des leaders mondiaux de son secteur. Les tergiversations de la France en matière d''énergie solaire, qui se sont traduites par cet invraisemblable moratoire, et la préférence d'EDF pour les fournisseurs chinois, moins chers, ont amené l'entreprise au bord du gouffre. photowatt-sarko.JPGMais ce que n'a pas pu ou voulu réussir le président Sarkosy, le candidat  l'a fait : convaincre EDF et sont ami président de ne pas laisser tomber Photowatt afin de sauver les emplois et de maintenir une présence française dans un secteur technologique à l'avenir prometteur. C'est la filiale EDF dédiée aux énergies renouvelables, EDF NR, qui prendrait en charge le bébé. Ce n'est pas forcément le gage que Photowatt redeviendra le fournisseur d'EDF.

Tant mieux pour ces deux entreprises et leurs salariés.

Mais au-delà des situations individuelles, elles ne représentent qu'une goutte d'eau dans l'océan des fermetures et des délocalisations.

La politique industrielle de la France ne doit pas se résoudre au sauvetage médiatisé de deux entreprises, obtenu par appel aux voisins de Neuilly-sur-Seine. Combien d'autres entreprises ont disparu sans que cela émeuve aucun de nos dirigeants. Que des entreprises disparaissent, c'est la loi de la nature. Les produits naissent, vivent et meurent. L'entreprise qui ne sait pas innover, créer de nouveaux produits, rester compétitive est condamnée à la disparition.

Mais l'Etat doit aider les plus méritantes à résister dans un univers de concurrence mondialisée. Les autres États ne se privent pas de le faire. L'Etat peut aussi intervenir dans les décisions dites stratégiques des grands groupes, qui un jour achètent une PME florissante, et un autre la ferment ou la délocalisent, une fois la technologie pillée et la concurrence qu'elle pouvait représenter abolie.

Sans une vraie politique industrielle, mettant en place des grands projets de développement de filières, fixant des cadres aux fermetures plus ou moins sauvages décidées par des contrôleurs de gestion bien abrités dans les bureaux douillets des sièges sociaux, prévoyant sous une forme ou sous une autre des aides aux entreprises les plus exposées à la concurrence des pays à bas coûts, supportant les entreprises dans leur développement à l'exportation, le désert français s'étendra.

Souhaitons que les velléités actuelles dépassent le cap des élections, pour devenir la priporité de l'action politique de demain. Sinon nos enfants et petits-enfants n'auront pas d'autre choix qu' être chômeur en France ou émigrer pour travailler.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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