les débordements du capitalisme

Publié le 5 Juillet 2012

Encore un scandale financier, et de taille.

barclays.jpgIl éclabousse le temple de la finance, la City de Londres, et un des ses plus fiers représentants, Barclays Bannk.

Le PDG et le DG ont déjà démissionné. A regret pour ce dernier, flamboyant américain qui a empoché plus de 150 millions de dollars à son poste, grande gueule et donneur de leçons à ses heures, chantre et symbole de la banque de marchés.

La faute de la Barclays? la manipulation de taux. Le Libor est le taux de référence servant de base à l'établissement de très nombreux supports et contrats. Il est établi d'après les déclarations à la banque centrale de taux de prêts pratiqués par un panel de banques. Avec la complicité de grandes banques internationales, dont françaises, Barclays aurait déclaré des taux erronés dans le but de permettre de juteuses opérations spéculatives sur les marchés.

Collusions entre traders et services de trésorerie censés les contrôler, banques centrales défaillantes, pour le moins, on voit que les intérêts particuliers priment sur tout, et que certains sont prêts à tout pour amasser hautes rémunérations et bonus. Pour les autres, c'est la politique des yeux fermés.

 

lombard.jpgL'ex pdg de France Télécom est mis en examen dans l'enquête sur les 80 suicidés de l'entreprise. C'est une première.

Didier Lombard reste en plein déni. Il fait supprimer plus de 20 000 postes chez France Télécom, réoriente des milliers d'autres vers des fonctions commerciales, fixe à des salariés pensant fournir un service public des objectifs de rentabilité aux fins d'augmentation de valeur pour l'actionnaire, entendez les grands dirigeants, réorganise de fond en comble l'entreprise en diffusant, volontairement ou non, un climat d'angoisse chez des salariés qui ont perdu tous leurs repères, et DL déclare ne pas voir en quoi cela pourrait amener certains à se suicider.

Le pire est qu'il est peut-être sincère.

Comme le rappelle un syndicaliste, Didier Lombard n'avait jamais dirigé une entreprise avant FT. Peut-être même n'avait-il jamais mis les pieds dans une seule. A ce titre, il était sans doute totalement étranger aux problème humains, qui sont pourtant une partie essentielle de la gestion d'entreprises. Il a dirigé FT comme on joue à un jeu vidéo de stratégie, sans état d'âme, et sans voir la différence entre une personne et un objet. Pour lui, comme pour d'autres, il y a un coût derrière les deux, et on taille dedans selon les opportunités.

C'est la manière de voir de beaucoup de pdg des grandes entreprises françaises, publiques, para-publiques, ex-publiques, voire privées, où les pdg ne sont jamais des hommes de l'art, et où leur nomination tient, non au mérite, mais à des intérêts politiques ou corporatistes.

Ces pdg arrivent comme des donneurs de leçons prétentieux et méprisants. Certains réussissent parce que la conjoncture ne permettait pas l'échec, et, comme Daniel Bouton à la SG,  ne font illusion qu'un temps quand ils ne savent que surfer sur la vague, sans regarder plus loin que le bord de la plage.

 

Ces deux exemples sont le symbole des excès d'un capitalisme financier débridé, qui ont donné à ce qu'on appelle les marchés une importance telle qu'ils dominent les pouvoirs des États, permettant une transgression de toutes les règles dans leurs seul intérêt propre. Tous ces scandales répétés parviendront-ils à redonner un peu d'humanité au système ?

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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