et maintenant ?

Publié le 12 Décembre 2011

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Les marchés semblent s'apaiser. Le couple Angela/ Nicolas a réussi à imposer sa loi aux pays membres de l'Union Européenne. Pas de grande nouveauté, il s'agit seulement de faire respecter les règles du traité de Maastricht, signé en 1993, et qu'aucun pays ne respecte plus depuis longtemps. On se souvient qu'une des premières actions du nouveau président de la république française élu en en 2008 avait été de plaider à Bruxelles un accord pour des dérogations françaises au respect des règles.

La foudre est passée.

Les agences de notation continuent d'allumer le feu, impératifs commerciaux obligent. Mais la foudre est passée sans tomber, et les pétards qu'elle continuera d'allumer devraient rester étincelles. A trop crier et affoler, les agences se sont mises à dos le monde entier, les politiques en premier rang. Gageons que les régulateurs chercheront des alternatives plus crédibles à ces officines commerciales, et ouvriront la porte à d'autres systèmes d'évaluation des créances pour les banques et institutions financières qui ne disposent pas de leur propre système d'analyse.Trop de bruit tue le bruit, à trop en faire, les agences et leurs jeunes cadres cravatés enfouis dans leurs bureaux design ont perdu une part de leur crédibilité.

On voit ainsi que les agitations actuelles des agences sont sans effet sur les marchés, et que la dégradation de la note des EU a eu pour effet ... une baisse des taux de prêt au pays. Bizarrement aussi, cette folie sur la zone euro n'a pas fait chuter le cours de l'euro, signe que la confiance dans l'Europe et sa devise demeure.

Il reste que les problèmes de fond demeurent, et ils vont gréver l'avenir pour de nombreuses années.

Le premier sera la patience qu'auront les peuples à endurer les conséquences économiques et sociales des mesures d'austérité. La faible croissance, voire la récession, vont entraîner chômage et restrictions. Après quinze années qui sont intervenues en rupture du mouvement tendanciel de resserrement des inégalités, le consensus social n'est pas si fort que les classes moyennes et défavorisées acceptent un serrage de ceinture au nom d'une largesse précédente dont elles ont pas ou peu profité. La cassure avec les classes dites dirigeantes, politiques ou économiques, est forte. Les résistances s'affirment en Grèce, Espagne, Italie. La question sera de savoir si les gouvernements auront la force et la volonté de résister.

Le deuxième tient au talon d'Achille de l'Europe : l'hétérogénéité des économies la composant, et les écarts de compétitivité qui en sont la conséquence.

Dans une union économique gouvernée par une monnaie unique, la région la moins compétitive a vocation à disparaître. Ainsi ont disparu les cultures de la vigne dans les régions moins productives que le sud lorsque la France intérieure exode-des-cerveaux.jpgs'est ouverte, de même que les fonderies éparpillées sur le territoire ont été balayées par les grandes aciéries localisées à proximité des mines. Beaucoup de pays qui ont intégré l'Union ont des économies fragiles, assises sur des industries naissantes incapables d'affronter les mastodontes occidentaux. L'ajustement ne pouvant se faire par la dévaluation de la monnaie, c'est par le chômage qu'il se fait et continuera à se faire. Au bout du compte, c'est l'exode de populations en recherche d'emploi, des pays les moins compétitifs vers les plus compétitifs.

Le problème de la compétitivité s'étend aussi à l'extérieur de l'Europe. L'Asie et d'autres pays produisent depuis longtemps moins cher, et depuis quelques années détiennent une grande part de l'innovation. Là encore l'arme de l'ajustement monétaire ne peut plus être utilisée pour se défendre. Le résultat est la mort de nombre d'entreprises et la délocalisation d'une partie des autres. Avec au bout chômage et exode, des cerveaux y compris.

Dans nos démocraties, le pouvoir excite les candidats comme jamais. La marge de manoeuvre est pourtant particulièrement étroite, et le pouvoir politique semble bien impuissant face à des entreprises mondialisées et des états dominés par l'enjeu de leurs seuls intérêts égoïstes.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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