madine France

Publié le 13 Décembre 2011

Acheter français : un acte citoyen ?

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C'est parti. La promotion du made in France - cela veut dire qu'au moins 45% des composants sont français - paraît le sujet à la mode, et ce n'est pas içi qu'on s'en plaindra, cela fait longtemps qu'on le préconise.

Privilégier sans réglementer.

Sarkozy va visiter l'usine Salomon en Savoie, qui s'est faite remarquer par la relocalisation en France de la fabrication de ses skis. L'opération date d'un an, et le succès semble au rendez-vous. Dans la foulée, tous les hommes politiques, de Le Pen à Mélanchon y vont de leur petit couplet nationaliste. Tant mieux.

Il ne s'agit pas de mettre à bas la mondialisation et la liberté de commercer, qui a généré du progrès et de la paix.

Il ne s'agit pas de recréer des barrières protectionnistes, sauf peut-être de façon très ponctuelle sur des produits méritant une protection particulière et temporaire.

Il s'agit tout simplement de responsabiliser le citoyen consommateur dans son acte d'achat. Qu'il prenne conscience qu'en achetant du made in France:

- il s'assure du respect des normes de qualité imposées par les multiples organismes de contrôle,

- il s'assure du respect de normes de travail correspondant aux valeurs de l'occident

- il maintient, voire favorise, l'emploi de travailleurs en France (français ou non), et contribue ainsi au maintien de l'activité et la pérennité de notre modèle de société.

Alors il y a les grincheux qui jouent les sceptiques, doutant de l'efficacité de cette campagne. Les mêmes qui déplorent que l'économie française ait perdu deux millions d'emplois ces quinze dernières années.

Alors soit on ne fait rien, et dans dix ans on aura encore perdu deux millions d'emplois, et le taux de chômage sera de 20%. A partir de quel taux la paix civile sera-t-elle menacée?

Soit on compte encore et toujours sur l'Etat, pour réglementer, ériger des barrières douanières, protéger et scléroser. Dans le cocon protecteur, les entreprises n'évolueront pas, et mourront comme sont mortes les entreprises soviétiques, bien abritées par le paravent des interdictions de commercer en rond.

Soit on parie sur le bon sens des consommateurs pour qu'ils achètent en connaissance de cause. Il ne s'agit pas d'interdire, mais de privilégier, autant que faire ce peut. Et si la consommation de produits made in France augmente ne serait-ce que de quelques %, ce sera autant d'emplois qui seront maintenus ou créés.

La responsabilité de la grande distribution.

Sous la pression de la grande distribution, le critère prix est devenu depuis une vingtaine d'années le critère unique de racolage. Du Mammouth qui écrase les prix au Leclerc qui veut nous faire croire qu'il est le zoro du consommateur, les produits made in France ont été écartés des gondoles des grandes surfaces. Ces dernières manquent encore singulièrement d'esprit citoyen et de vision à moyen terme, quand on voit que ce sont les salariés que le Groupe Auchan entend exclure aujourd'hui, en les remplaçant par ... les clients.

Certes le prix est un critère déterminant de l'acte d'achat. D'autant que les augmentations de pouvoir d'achat  ont bénéficié ces dernières années principalement aux cadres supérieurs et dirigeants, sous l'effet de la suppression des révisions collectives des rémunérations au profit d'une gestion individualisée( voir article dérives).

Il reste qu'un prix bas n'est pas toujours compatible avec la qualité, et on a tous des exemples multiples de produits achetés certes pas cher, mais qui ne durent que quelques jours. Jeans qui se trouent au premier accroc, poches percées sitôt qu'on ose y mettre quelque chose dedans, chaussettes trouées à la première marche, électro-ménager à remplacer au bout de cinq ans (voire moins)! C'est bon pour la grande distribution, ça l'est moins pour le client et l'économie du pays. Sans même évoquer le respect des règles sanitaires.

Le snobisme et la volonté de ne pas paraître faire partie du troupeau amènent nombre d'automobilistes à surpayer de 15 à 20% des modèles allemands, qui n'ont objectivement aucun avantage par rapport aux modèles français équivalents (mais de plus en plus rarement made in France).

Pourquoi alors ne pas rêver qu'on accepterait de payer un peu plus cher des produits, non pour paraître, mais pour sauver l'emploi et notre modèle de société ? Il le vaut bien, non ?

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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