DSK - des regards différents

Publié le 17 Mai 2011

Quelques remarques de bon sens.

La première est que la justice américaine ne fonctionne pas comme la justice française, et qu'elle n' a aucune complaisance envers les puissants. Bien au contraire même. On considère aux USA que les puissants doivent être exemplaires, et leurs déviances sont traitées sans considération du statut. En France, c'est le contraire. On les protège, en s'efforçant d'abord d'étouffer les affaires, en tentant ensuite de les enterrer en faisant traîner à l'infini les procédures. A la sortie, la quasi totalité des affaires mettant en cause des politiques se termine par un non-lieu, dans l'indifférence générale . Faites ce que je dis, pas ce que je fais, c'est  un principe d'action des politiques français, qui est une des causes du discrédit dont fait preuve aujourd'hui la classe politique française auprès de l'opinion.

Deuxième remarque: avec une belle dose d'hypocrisie, le monde politico-médiatique a réagi avec une grande compassion envers DSK, rappelant à cor et à cri la présomption d'inocence. Bien peu ont appelé à la présomption de victime de la femme de chambre. Si les faits sont avérés, la victime n°1 c'est pourtant bien elle, et rien ne permet aujourd'hui de supposer qu'elle a menti.

Troisème remarque : on ne prête qu'aux riches. Les frasques sexuelles de DSK sont connues depuis bien longtemps, c'est son talon d'Achille, qui peut-être le faisait hésiter à être candidat à la présidence de la république. Allez voir et entendre Stéphane Guillon qui parlait de DSK il y a plusieurs mois sur France Inter :


Stéphane Guillon à propos de Dominique Strauss... par belspace

Les langues commencent à se délier, et ce que sait le monde politico-médiatique depuis longtemps commence à sortir. DSK était plus qu'un séducteur, plusieurs témoignages parlent de harcèlement (affaire Tristane Banon par exemple). On est très complaisant en France sur les comportements sexuels des hommes politiques. La presse internationale n'a pas manqué de le rappeler. On l'est beaucoup moins dans les autres pays, où ils entraînent bien souvent des démissions.

Dernière remarque: le pouvoir rend aveugle.  Si on a taxé, à raison, Nicolas Sarkozy de bling-bling, l'appréciation en est toute aussi vraie pour DSK, peut-être plus encore. Appartements de grand luxe (240m2 place des Vosges !), costumes soi-disant à 35 000$ (pas payés par le FMI, j'espère), suite au Sofitel NY à 3500$ la nuit (probablement payée par carte professionnelle, aux frais des contribuables de tous les pays, y compris les plus pauvres). Comme beaucoup d'autres, DSK vit dans un environnement de fric, de luxe, de culte de l'apparence et du paraître. Au point de perdre sa lucidité. Comme Sarkozy quand il  exprimait son étonnement que les français soient choqués par ses escapades américaines à 100 000$ la semaine ou maritimes sur le yacht de Bolloré. Il faut avoir un ego surdimensionné pour aspirer à gouverner les hommes. Pouvoir plus ego ne porte ni à l'humilité ni à la lucidité.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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