vous avez dit danger ?

Publié le 5 Avril 2011

On aurait peur du nucléaire, parce que le rayonnement est invisible et que sa mesure est incompréhensible.

 

Jean-Marc Jancovici est expert en énergie, il a fondé un cabinet de conseil,  Manicore, il est consultant et conférencier. Et, semble-t-il accessoirement, membre du Comité stratégique de la Fondation Nicolat Hulot.

Il a écrit un article dans Le Figaro du 4 avril ("La main invisible de la radioactivité"), où il tend à banaliser et minimiser le danger des rayonnements.

Son idée première est qu'à ce jour le nucléaire a tué moins que le charbon, qui tue encore 5000 personnes par an. Que le tabac et la voiture tuent bien davantage aussi, comme manger trop gras ou trop sucré. Comme même rester chez soi, puisque chaque année en France, 10000 décès sont dûs à des accidents domestiques.

Pour JMJ, on n'a donc pas de raison d'avoir peur du nucléaire, puisqu'il n'est qu'une faible cause de décès.

Alors pourquoi la psychose de certains?

Et bien pour lui, c'est parce que la radioactivité est mesurée par un indicateur arbitraire et incompréhensible, et que les rayonnements sont invisibles ! C'est la crainte de ce que l'on ne voit pas "mais que des appareils détectent (qui) aboutit désormais à des situations d'une extrême précaution, où nous avons tendance à penser que tout ce qui dépasse la norme est dangereux de ce seul fait". Et de citer l'hôtesse de l'air, qui, en prenant 200 vols long-courriers par an, ou le patient passant un scanner corps entier, approchent la dose maximale admise pour les travailleurs du nucléaire. Et même le malade du cancer que la radioactivité guérit ...

Donc, Fukushima est un accident industriel majeur, certes, mais "que rien ne distingue d'un incendie d'usine chimique ou d'une raffinerie, sauf ... ce malaise lié à la présence d'un processus invisible, et mesuré par une unité incompréhensible". Et de conclure dans un bel élan de foi et d'optimisme qu'il est "peu probable que Fukushima change significativement le bilan humain -bien assez lourd comme cela- du tsunami, même si la situation empire encore sur le site".

Aurait-il le courage de dire cela aux japonais ? aux "liquidateurs" de la centrale, dont certains se disent condamnés ? permettrait-il à ses deux filles, dont il semble fier pour les mentionner sur son site, de se baigner dans les eaux japonaises? que dirait-il aux tokyoïtes qui ne sortent plus de chez eux quand il pleut ?

Comment un soi-disant expert peut-il tenir de tels propos, alors que la situation à Fukushima n'est pas maîtrisée, et que la société Tepco elle-même a annoncé qu'elle ne le serait pas avant plusieurs mois, si elle devait l'être.

Car à Fukushima, on bricole. La fuite dans le béton du réacteur 2 est colmatée avec de la colle polymère, du papier journal, de la sciure. De l'eau radioactive se déverse dans l'océan pacifique.

fukushima.JPG

Mais ne craignons rien, l'eau radioactive ne se distingue pas de l'eau normale, et les cancers qui risquent de s'ensuivre ne pourront pas être attribués à la centrale japonaise, comme ils ne le sont pas davantage aux autres qui connaissent des incidents dont on ne parle jamais qu'en les minimisant totalement.

Puisqu'il n'y a rien à voir, ni la radio-activité ni la contamination, ni la cause, ni l'effet, circulez !

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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