une Europe à repenser

Publié le 10 Juin 2012

Et de quatre. Après l'Irlande, le Portugal et la Grèce, c'est à l'Espagne de recevoir les subsides de l'Europe. 100 milliards pour soutenir les banques, même montant que pour le Grèce. La forme en sera différente, mais le fond est le même: l'Europe s'enfonce dans un gouffre, où se précipitent un nombre croissant de pays.

La zone euro serait-elle devenue un club de canards boiteux, alors qu'on nous assurait qu'elle était la base indispensable à la construction d'un monde plus stable et plus prospère?

Avant son élargissement, l'idée européenne était en panne.

Si l'Europe des six, l'ex CEE, avait été élargie à dix pays, l'idée européenne n'en était pas moins en panne. On était arrivé au bout de l'union douanière, et pour avancer il fallait aller soit vers l'union politique, soit vers une intégration économique plus forte, fiscale et budgétaire notamment.

On ne l'a pas voulu, par refus des grands États de perdre leur souveraineté.

On a préféré la fuite en avant avec le choix d'une monnaie commune, en même temps qu'une extension sans limite de l'Union européenne et de la zone euro.

Il n'y a pas de grands projets sans une forte dose de volontarisme politique. Mais il ne suffit pas à lui seul quand la réalité économique et politique est trop bafouée.

En créant une monnaie commune sans mettre en place une gouvernance commune et une harmonisation fiscale et budgétaire, on a mis la charrue avant les boeufs.

En élargissant inconsidérément la zone euro à un nombre considérable de pays aux niveaux économiques différents, on a créé le contexte à des faillites économiques des pays les plus faibles, et à l'exode de leurs populations.

En imposant à tous les pays une monnaie unique, qui plus est trop forte, on a amoindri leur compétitivité, et ouvert des autoroutes de croissance aux pays de l'Asie.

Il est difficile de reconnaître ses erreurs.

Bien peu osent reconnaître que l'Europe est un échec. Il suffirait pourtant de lire les belles promesses affichées il y a dix ans pour s'en convaincre. Mais quel responsable économique ou politique, hier farouche européen, osera le dire?

L'euro n'a pas fait avancer l'idée européenne, les nationalismes n'ont guère bougé, la situation économique des pays membres ne s'est pas plus améliorée que celle des pays qui ne sont pas entrés dans l'euro. Les forts sont restés forts, les faibles sont devenus encore plus faibles. Il n'y a guère que le touriste européen qui apprécie de n'avoir plus de calcul mental à faire quand il voyage intra-zone.

L'idée européenne et l'avenir de la zone euro sont totalement à repenser. Sans a priori et avec courage. Qui osera?

 

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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