un maire, une gifle, un procureur

Publié le 18 Février 2012

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Le maire et le procureur père la morale.

Il a 63 ans, il est maire d'une petite commune du Nord, sans histoire comme on dit. Sauf peut-être une petite bande de jeunes pas toujours controlable.

Un jour l'un d'entre eux franchit une grille pour récupérer un ballon de foot. Pas de veine, le Maire est là, dispute, insultes, et le Maire en colère, qui n'aurait pas aimé se faire traiter de bâtard, donne une gifle à l'ado.

Les insultes pleuvent alors sur le maire - « Fils de pute, je vais niquer ta mère, je vais te tuer ». L'ado rentre chez lui, prend deux couteaux, revient vers la place du village, où il est désarmé par ses amis.

Le maire porte plainte pour outrages - le garçon a été condamné depuis - et les parents déposent plainte à leur tour contre le maire pour « violences ».

Le maire regrette, reconnaît un geste instinctif dont il dit n'être aucunement coutumier.

Au tribunal, on assiste à un grand show du procureur. Son attitude envers le maire est d'une ironie glaçante, insulte policée s'il en est. Son mépris est total, et son discours moralisateur déplacé.

Ainsi introduit-il le débat :" « Le jour de gloire est arrivé, monsieur le maire ! Vous avez votre récompense : la notoriété et votre statut de victime expiatoire ! ». Notre procureur en tous cas est désormais connu de tous.

Comme quelques maires de petites communes environnantes sont venues soutenir leur collègue, le bon procureur dénonce leur "corporatisme un peu primaire", avant de sonner la charge "« Coulsore, c'est Chicago des années 1930 ? Heureusement que vous n'êtes pas maire de Montfermeil ! Voulez-vous autoriser tous les maires de France à donner des gifles à leurs administrés, à se voir confier des pouvoirs de shérif ? ».

Le Maire a été sonné, et a du mal à s'en remettre.

Le procureur a été suivi dans sa réquisition, et le maire a été reconnu coupable, et condamné à l'amende requise de 500€.

On peut tuer avec circonstances atténuantes, mais gifler un ado qui vous insulte, quand on a 62 ans, non. Le seul droit ? tendre l'autre oreille.

La morale de cette histoire est qu'il serait fou de faire confiance à la justice.


Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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