un audit bien français

Publié le 12 Mai 2011

Bien que Nicolas Sarkozy ait proclamé à plusieurs reprises que le nucléaire français resterait droit dans ses bottes, un audit des 58 réacteurs en service avait été annoncé. Un os à ronger donné aux anti-nucléaires et à ceux pour qui la catastrophe japonaise soulève questions et inquiétudes.

 

L'ASN - Autorité de Sureté Nucléaire - a donné le coup d'envoi de cet audit. En quoi cela consistera-t-il?

En pratique, l'ASN a bâti un questionnaire sur les leçons de Fukushima, auquel les exploitants des réacteurs devront répondre d'ici au 15 septembre. Le principe du questionnaire repose, non pas sur la probabilité d'une catastrophe, une inondation par exemple, mais des conséquences de cette catastrophe et des moyens d'y faire face.

On imagine bien le traitement par les opérateurs de ce questionnaire. Réception par la direction générale, nomination d'une équipe dédiée à son traitement, après briefing approprié et récriminations convenues contre la bureaucratie empêcheuse de nucléariser en rond. Mobilisation d'une équipe de cadres, renforcée éventuellement de stagiaires d'étude de haut vol. Puis lecture, modifications, re-lecture, re-modifications, jusqu'à ce que le document soit jugé suffisamment politiquement correct et policé pour être remis aux auditeurs. Pour conclure que tout va très bien Messieurs les auditeurs, quelques pistes d'amélioration peut-être, mais rassurez-vous, on y travaille, et vous serez tenus au courant des réalisations.

En un mot, circulez, il n'y a rien à voir.

Pourtant le problème reste d'une actualité brûlante, et si les âneries des footeux ont pris le dessus, la situation ne s'améliore pas au Japon, bien au contraire.

L'ennui avec la radio-activité, c'est que c'est sans couleur et sans odeur. Indétectable pour le citoyen lambda.  Et aux dommages à long terme. Comme si elle n'existait pas.

Seulement, des pics de radio-activité ont été enregistrés au Bengladesh, au Bostwana, en Californie, en Grèce, en Nouvelle-Zélande, en Alaska, dans le Golfe du Mexique. Un organisme français, le CRIIRAD, annonce que les risques existent aussi en Europe, et invite les groupes à risques (enfants, femmes enceintes, personnes âgées ...) à se méfier du lait frais, des plantes à feuilles et des eaux de pluie !

Le délai pour refroidir le réacteur de Fukushima est passé de 3 mois à 6 mois, et maintenant à 9 mois. Ca fume toujours dans la centrale, laissant présager qu'un réacteur est en feu. Le coeur des réacteurs 1, 2 et 3 auraient complètement fondu (voir article).

Le premier ministre japonais avait décidé la fermeture de la centrale de Hamaoka. Le pouvoir nucléaire japonais en a décidé autrement, considérant qu'il ne s'agissait que d'une recommandation. Deux réacteurs y seront quand même arrêtés.

Le 6 mai, un dysfonctionnement a été constaté dans le système de refroidissement de la plus grande centrale nucléaire du Japon, Kashiwazaki-Kariwa. Le 7 mai, le réacteur 2 de la centrale de Tsuruga a été fermé suite à de très fortes fuites de xénon 133, d’iode 131 et 133 dans le système de refroidissement

tchernob-francais.JPGEn France, un haut responsable d'EDF lance un cri d'alarme sur l'état des centrales françaises (Eric Ouzounian - "Vers un Tchernobyl français"), construites dans les années 80 pour durer 30 ans (voir le site de France Culture).

La quantité de radio-activité qui est en train d'envahir la planète bat tous les records atteints jusque là. La situation au Japon semble peu maîtrisée, la communication est inexistante, le pouvoir politique incohérent et sans autorité.

La terre a tremblé en Espagne.

La réponse française est d'adresser un questionnaire aux inculpés. Sûrs qu'ils ne vont pas se condamner.

 

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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