un accord PSA/GM?

Publié le 28 Février 2012

GM et PSA sont en train de négocier un accord, qui pourrait être annoncé début mars au salon de Genève. Doit-on s'en réjouir?

psa.jpgAprès avoir frôlé la faillite il y a trois ans, GM est redevenu n°1 mondial. Il garde de cette période une participation de l'Etat dans son capital de 30% environ, dont l'Etat américain aimerait se débarrasser.

Le problème de GM, c'est l'Europe. Il a depuis longtemps liquidé sa présence en GB, qui a totalement perdu sa production nationale, et Opel, la filiale allemande, perd de l'argent depuis longtemps, sans que GM n'ait jamais trouvé la martingale pour la rentabiliser .. ou la céder.

PSA, c'est le n°2 européen, mais en perte de vitesse sur un marché de l'Europe lui-même en baisse de 20%.

Au-delà d'une montée de GM dans le capital de PSA à hauteur de 5%, chiffre le plus couramment évoqué (la famille Peugeot détient 30% des actions et 48% des droits de vote), un accord entre les deux groupes viserait la réduction des coûts en Europe via une mise en commun des achats, des plate-formes de production, du développement de véhicules.

Le coût social sera indubitablement sévère, on parle de la fermeture de deux sites de production chez Opel, un site chez PSA, qui pourrait être Aulnay.

Reste à savoir si les effets en seront bénéfiques sur le plan commercial, le "mariage' de deux entreprises en difficulté faisant rarement une entreprise prospère.

Certains rappellent qu'il y a trente ans, PSA avait racheté Chrysler Europe, et cela n'avait pas été un succès.

 

Pendant ce temps là, la réussite de Wolkswagen est insolente : 8,27 millions de véhicules vendus dans le monde en 2011 (+15%), chiffre d'affaires en hausse de 26% (compte tenu de l'intégration des camions MAN) à 159 milliards d'euros, bénéfice record de 15,4 milliards d'euros, en doublement par rapport à 2010.

Les objectifs sont à la hauteur du succès actuel: 10 millions de véhicules vendus en 2018, avec la position de n°1 mondial. Pour l'atteindre, 60 milliards d'euros d'investissements sont programmés.

 

Il faut souhaiter la réussite de PSA, qui a fait des efforts importants ces dernières années pour produire des véhicules de qualité, n'ayant rien à envier à la concurrence, et pour maintenir tant bien que mal une présence industrielle en France. Les accords sont une chose, la réduction des coûts une autre, l'évolution des ventes une troisième. Le salut de PSA, comme de celui de toute entreprise, passe par la vente de ses produits, notamment en Europe.

Pour sauver PSA, et les milliers d'emplois directs et indirects que l'entreprise génère, Il faudra que le consommateur français ajoute le "made in France" dans ses critères d'achat, et que celui-ci l'emporte plus souvent qu'aujourd'hui sur celui de la frime et du paraître.

Ce n'est pas gagné.

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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