Tunisie - la route vers la démocratie sera difficile

Publié le 24 Janvier 2011

Un chemin difficile vers la démocratie.

La situation se détend à peine en Tunisie. Les manifestations, les défilés, les cris à la démission du gouvernement continuent. Les jeunes des régions déshéritées de Tunisie ne relâchent pas la pression. Ils craignent que leur révolution, qui a coûté au moins cent vies, soit confisquée.

Certes le gouvernement a prononcé les amnisties qu'il fallait, tous les opposants interdits de séjour sont autorisés à revenir, la liberté de presse et d'expression renaissent. Certes Ben Ali et sa clique ont fui, et sans doute définitivement. Certes trois opposants font partie du gouvernement.

tunisie-copie-1.jpgMais trois membres seulement. Et pas des plus opposant. Mais le président, le premier ministre et les ministres détenant les postes clé appartiennent au monde politique de l'ancien régime. Mais les élections qui devaient se tenir dans deux mois, sont maintenant prévues dans six mois, sans calendrier établi, me semble-t-il.

Libéraliser un régime autoritaire en restant au pouvoir est un pari improbable. Pas beaucoup de despote, voir aucun,  n'y est arrivé. Louis XVI et Napoléon III ont échoué quand ils s'y sont décidé, un pas en avant, un pas en arrière; les tsars y ont perdu le pouvoir et la vie, Gorbatchev, l'homme de la perestroïka, a dû laisser à d'autres le soin de construire la voie qu'il avait tracée.

Les régimes forts ne sont pas faits pour la liberté. S'ils veulent évoluer vers des régimes démocratiques, il est impératif qu'ils le fassent vite, très vite, sans état d'âme, sans risque d'insufler le doute. Le risque est grand dans le cas contraire que leur crédibilité démocratique fasse long feu, et que le peuple veuille accélérer les choses en recourant à la force. Avec au bout, soit un régime démocratique, mais sans les anciennes équipes, soit le maintien des hommes, et alors le retour à un régime autoritaire.

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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