sombres perspectives pour l'emploi

Publié le 7 Septembre 2011

Pole-emploi

Le monde est partagé aujourd'hui entre deux exigences contradictoires : croissance et équilibres financiers

Croissance, parce que c'est le seul moyen que l'on connaisse pour assurer à la population actuelle et future les emplois indispensables à sa survie.  

Seulement la croissance a ses limites: elle génère les dégradations de l'environnement que l'on connaît.

Aussi, elle ne génère plus le nombre d'emploi qu'elle procurait auparavant. La France connaît aujourd'hui un taux de croissance annuel régulièrement supérieur à 2%, et pourtant le chômage ne fait qu'y progresser, pour atteindre 10% de la population active, beaucoup plus chez les jeunes.

L'économie française est devenue incapable de créer des emplois. Pourquoi?

Les 30 glorieuses, ce sont aussi 30 années de luttes sociales.

L'histoire économique de l'après-guerre, qu'on appelle aussi les 30 glorieuses, a marqué beaucoup d'esprits, pas tant par la prospérité, qui n' a été ressentie qu'après coup, que par le climat constant de luttes sociales qui a gâché la vie de nombre de chefs d'entreprises. Dans une économie largement autarcique et en situation de plein emploi, les conditions étaient remplies pour qu'un pouvoir syndical fort fasse contre-poids au pouvoir des dirigeants. C'était le temps des grandes grèves chez Renault, EDF (avec des journées sans courant électrique, impensable aujourd'hui), les mines, la sidérurgie, les banques, la Poste, l'Administration, les transports publics ...débouchant sur des négociations salariales au sommet, et une augmentation continue des salaires indexée sur l'inflation.

Avec la première crise pétrolière des années 70, la mondialisation des années 80, le rapport de force a changé de camp. Les mines et la sidérurgie ont été fermées, Renault a été privatisé, les délocalisations et le chantage qui va avec ont commencé. Le coût du travail a été mis en avant comme empêcheur de "compétitiver" en rond, les syndicats ont vu leur puissance s'effriter de façon continue, les négociations sociales ont été ramenées au niveau de la branche, puis de l'entreprise. Au final, les augmentations de salaires ne dépendent plus pour l'essentiel que des seules revalorisations individuelles, qui ne permettent trop souvent que le maintien du pouvoir d'achat..

Mais l'idée est restée bien ancrée dans le subconscient des entreprises et de leurs dirigeants que le salarié est une charge et une source de contestation, avant d'être une source de richesse.

Polluante et source de luttes sociales, l'industrie s'est trouvée vite condamnée. Le monde des décideurs économiques et politiques a peu réagi face aux fermetures d'usines et aux délocalisations. Les services et le tourisme devaient prendre  le relai, affirmaient les experts.

Le résultat est qu'aujourd'hui une part croissante de la consommation et des investissements alimente l'emploi à l'étranger.

Les services n'ont pas pu compenser la perte des emplois industriels, problème de formation et de pouvoir d'achat, tandis que le tourisme n'offre bien souvent que des emplois temporaires et faiblement rémunérés.

Pour que la croissance aujourd'hui ait un impact positif sur l'emploi, ce n'est pas un taux de 2 ou 2,5% qu'il faudrait, mais sans doute 4 ou 5%. Utopie !!

Equilibres financiers, parce qu'un Etat, comme une personne (physique ou morale), ne peut dépenser durablement plus qu'il ne gagne.

Si l'endettement est un moyen de compenser une insuffisance de revenus, il appauvrit aussi en augmentant les charges et diminuant le revenu disponible. Sans mesure appropriée, l'endettement crée une charge de remboursement insupportable, qui aboutit inexorablement à une situation de défaut.

Les Etats se sont considérablement endettés ces dernières années. Le faible accroissement des recettes fiscales en raison d'une faible croissance de l'économie, le maintien du niveau de vie de l'Etat, l'augmentation des dépenses militaires, les aides aux États voisins, ont porté l'endettement des pays de l'Ouest à un niveau proche du PNB (EU, France), voire très largement supérieur (Grèce Italie, Espagne, Portugal ...).

La conséquence immédiate a été un accroissement du déficit budgétaire, d'autant plus fort que la faible croissance a grignoté les recettes fiscales. C'est ainsi qu'on est entré dans l'engrenage infernal qui conduit à s'endetter pour rembourser les emprunts de l'année d'avant.

Tout le monde est donc d'accord pour réduire les déficits et l'endettement.

Sauf que cela ne peut passer que par un accroissement des recettes fiscales et une diminution des dépenses publiques.

Que l'on prélève sur les riches, les pauvres ou la classe moyenne, c'est le pouvoir d'achat qui est affecté, et donc la croissance, et donc l'emploi. L'augmentation des prélèvements fiscaux est une recette employée pour freiner une économie en surchauffe. Là, il faut l'appliquer à une économie atone. Ajoutée à une diminution forte des effectifs de la fonction publique, tous les ingrédients sont réunis pour que la croissance ne s'applique qu'au ... chômage.

Le prix social à payer va être lourd, les espagnols en sont bien conscients qui "s'indignent" depuis plusieurs mois.

Il n'y aura pas d'embellie sur le marché de l'emploi avant longtemps.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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