pionniers - les frères Michelin

Publié le 27 Septembre 2011

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Savoir-faire et faire-savoir :

la recette gagnante des frères qui ont créé Michelin.

En 1886, la vieille usine familiale, céée en 1832 par le beau-père de Jules Michelin est en quasi faillite. Cette petite entreprise de Clermont-Ferrand était pionnière dans la vente de produits en caoutchouc (tuyaux, courroies, joints). Elle a aussi fabriqué des pompes, des machines agricoles, des chaudières. Mais l'entreprise résiste mal à la concurrence, elle n'emploie plus que 30 personnes, contre 320 dix ans plus tôt.

michelin-andre.jpgmichelin-edouard.jpgLes actionnaires vont faire appel aux deux fils de Jules, André (photo de gauche) et Edouard (photo de droite), et les faire revenir de Paris. André, c'est l'ingénieur passé par l'Ecole Centrale. Edouard, c'est l'artiste, il fait les Beaux-Arts après le Droit.

Tous deux vont créer la saga Michelin. Que doit-on à l'un ou à l'autre? Difficile à dire. Pour tous, c'est Michelin, et ce n'est pas la moindre de leurs victoires.

Pour asseoir la réussite de l'entreprise, deux armes : l'innovation et la publicité. Savoir-faire et faire-savoir.

Le grand départ, c'est l'Exposition Universelle de 1889. Michelin y lance un patin de frein en caoutchouc, "The Silent". Fini le fer contre le fer et son bruit d'enfer.

A André, l'innovation et la prospective, à l'artiste Edouard, gérant en titre, l'organisation et la gestion. Mais la réalité n'est sans doute pas aussi tranchée, les deux hommes se complètent, se ressemblent aussi, arborant tous deux lorgnons et barbe blanche.

En 1891, c'est le dépôt du brevet du pneu de bicyclette démontable et aisément réparable. Trois heures de travail et une nuit de séchage étaient nécessaires jusque là pour réparer un pneu crevé !

Mais il faut faire savoir. La meilleure manière sera le sport.

Ce sera d'abord le vélo, avec la course Paris-Brest organisée par le Petit Journal. On répare un pneu crevé en 15 minutes. Charles Terront gagne la course sur un pneu Michelin.

Puis l'automobile. Et les frères Michelin vont mouiller la chemise, quand en 1892, ils pilotent tous deux la voiture "L'Eclair" dans la course Paris-Bordeaux. Elle est chaussée du " Pneumatique Michelin - le roi de la route ".

Michelin_Poster_1898.jpg1898 voit la naissance du symbole Michelin, le "bonhomme Michelin", le fameux "Bibendum", parce que le pneu Michelin boit l'obstacle (ci-contre poster de 1898).

Un pneu Michelin franchit bientôt la barre symbolique des 100km/h, sur une voiture électrique, et en 1900 sort le Guide rouge Michelin, toujours une référence un siècle plus tard.

En 1910, est éditée la première carte routière. 46 autres suivront dans les années suivantes. Les premiers guides verts naissent en 1926.

En 1905, les frères Michelin ont changé la dimension de l'entreprise. Elle s'étend désormais sur 30 hectares, et emploie 4000 ouvriers et ouvrières. Ils seront 10 000 en 1927, 81 000 dans le monde en 1966. En 1906 une usine est implantée à Turin, une autre aux Etats-Unis en 1907.

La division du travail et le travail à la chaîne apparaîtront après la grande guerre.

En même temps se développe le "paternalisme" des grands patrons de l'époque. Fleurissent ainsi cités ouvrières, coopératives, cliniques, colonies de vacances, associations sportives.

Ce paternalisme appliqué aussi par les Schneider, Boussac, Prouvost et autres fondateurs d'empires industriels sera sévèrement critiqué des années après. Le néo-libéralisme intégriste que l'on connaît aujourd'hui pourrait pourtant le faire regretter. D'autant qu'il a insuflé chez les salariés une culture et un lien affectif à l'entreprise qui pourraient bien manquer demain. 

André décède en 1931, Edouard en 1941. Les descendants ont pris la relève. Michelin est aujourd'hui le numéro un mondial du pneumatique.

Rédigé par jdio

Publié dans #un peu d'histoire

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