révolutions (suite)

Publié le 17 Février 2011

Des manifestations semblent surgir un peu partout, suivant les exemples de la Tunisie et de l'Egypte. Mais le départ des dirigeants sera plus difficile. Comme dit dans un précédent article, un régime autoritaire a besoin au départ d'un certain consensus populaire, ensuite du soutien militaire. Ce dernier a fait défaut en Tunisie et en Egypte, n'offrant plus d'autre choix aux dirigeants que de partir.

L'armée, au service des dictatures.

Il en est différemment dans la plupart des autres pays. En Algérie, c'est l'armée qui a le pouvoir, et Bouteflika est à son service. C'est l'armée qui est la cause principale de tous les maux, c'est l'armée qui est corrompue. C'est pourquoi on a vu les manifestations algériennes très vite réprimées par les autorités militaires. Le changement de régime passera par une révolte de(s) militaires, ce qui ne semble pas acquis aujourd'hui.

En Iran, plus que l'armée, c'est une milice de plusieurs dizaines de milliers de membres qui est au service des autorités politiques. C'est elle qui a réagi violemment aux tentatives de manifestations, c'est elle qui réprime, et enferme préventivement tous les leaders de l'opposition, ou présumés tels.

En Chine, l'armée est entièrement aux mains du gouvernement. Et n'hésite pas à tirer dans la foule si elle le sent nécessaire. Il en est de même en Syrie et en Lybie. Tant que l'armée maintiendra son soutien aux dirigeants, il n'y aura pas de changement. On peut même imaginer qu'en Algérie, l'armée lâche Bouteflika pour calmer l'opinion, au profit d'autres dirigeants fantoches.

Le renversement des régimes en place sera long et difficile.

Dans ces pays où règne un autoritarisme fort, plus fort qu'en Tunisie et en Egypte, il n'y a pas d'opposition politique structurée. Les moyens de communications tels Internet sont coupés à la première menace venue, accentuant encore la difficulté d'organiser et gérer les actions.

Peu à attendre aussi des démocraties occidentales. L'attitude des démocraties à l'égard des dictateurs est le plus souvent sympathisante s'ils savent montrer une décence minimale dans l'exercice de leur autorité. A cette condition, tous les gouvernants occidentaux se satisfont des dictateurs, qu'ils préfèrent encore à l'incertitude et au désordre. Quand cette condition n'est pas jugée remplie, l'Occident réagit, par des interventions militaires comme en Irak, Afghanistan, et autrefois Ethiopie, et plus loin Viernam et Corée, ou par des boycotts et embargos comme en Iran, avec des résultats toujours calamiteux.

Mais le mouvenent est en marche.

Les régimes autoritaires ont donc encore de l'avenir, et il faudra du temps pour en venir à bout. Mais le mouvement est en marche, et même si les manifestations d'opposition ne parviennent pas à renverser les régimes, ils contribuent à des prises de conscience qui font que les gouvernants ne pourront plus gouverner comme avant. Petit à petit, ils lâcheront du lest, allègeront la pression sur le couvercle de la marmite autoritaire, jusqu'à l'ouvrir suffisamment pour libérer les forces qui le feront sauter.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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