quand on reparle de la crise

Publié le 11 Avril 2012

Les mille milliards d'euros promis par la BCE ont apaisé les marchés pendant quatre mois.

Aujourd'hui, parce que deux ou trois chiffres ne s'améliorent pas au rythme que ces marchés le souhaiteraient, on reparle de crise, d'endettement, de menaces d'éclatement de la zone euro.

La victime expiatoire annoncée des spéculateurs? L'Espagne.

Un morceau plus gros que la Grèce, que quelques hedge funds sans scrupules ne peuvent pas à eux-seuls ébranler. Mais les marchés sont panurgiens, on le sait bien, et plus encore depuis espagne-copie-1.JPGl'informatisation qui fait que toutes les salles utilisent les mêmes logiciels de gestion et de prévision.

L'Espagne présente des indicateurs économiques catastrophiques, un endettement et des déficits abyssaux. En même temps, le taux de chômage y est inhumain, rendant irréaliste les mesures d'austérité prévues par les catalogues des institutions financières internationales et des agences de notation. Sauf à entraîner une explosion sociale, dont personne ne peut mesurer les conséquences.

De nouveau, on nous dit que la France est le prochain sur la liste, après son camarade ibère. Il est vrai que le climat électoral ne porte pas à la rigueur, et tant Sarkozy qu'Hollande apparaissent des zombies auprès des américains les plus sérieux. "La France en déni", titrait récemment "The Economist", montrant du doigt les deux principaux candidats et leurs promesses de dépenses et de taxation des plus riches. L'écart de taux entre l'Allemagne et la France est là pour nous rappeler la fragilité de notre beau pays. Grisés par la campagne, nos candidats se sont empressés de l'oublier. La réalité va vite rattraper le vainqueur.

Car un pays qui va mal, c'est du pain béni pour les grandes institutions de la spéculation. Il n'y a pas de gain dans un marché plat. Les grands fauves gagnent des millions, voir des milliards de dollars tant à la hausse des marchés qu'à la baisse. Il suffit de prendre au bon moment des positions dans le bon sens .

La solution? Provoquer les évolutions et prendre des positions en conséquence. Sur le marché boursier domestique, on parlerait de délit d'initié. Mais tout est possible à ces hedge-funds qui opèrent sans foi ni loi à partir de paradis fiscaux.

La faillite de l'Espagne ruinerait des milliers de personnes et d'institutions financières sérieuses et de bonne foi. Mais elle ferait la fortune d'une poignée de hedge-funds qui spéculeront à une baisse qu'ils auront eux-mêmes provoquée. Les gouvernements et les institution réglementaires le savent, mais sont impuissants.

Et si les chiffres de la France ne sont pas bons, si la volonté de restaurer la situation financière dégradée est mise en doute, le marché entier suivra comme un seul homme les anticipations des hedge-funds. Malin est celui qui sait dire ce qu'il y aura au bout.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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