quand la France retrouve sa voix

Publié le 10 Avril 2011

Il y a quelques mois encore, la voix de la France sur la scène internationale se faisait bien discrète, étant même totalement muette pendant les évènements de Tunisie et Egypte. Depuis, la France s'est bien rattrappé.

La France est aux premières loges en Libye et Côte d'Ivoire, grace à des propositions de résolution à l'ONU qui ont été acceptées. Sarkozy a su convaincre les chefs d'Etats que l'ONU devait intervenir, et a su prendre le leadership des opérations, sans jamais rien faire qui ne soit revêtu de l'accord a priori de l'ONU. L'opération de libération de l'Ambassade du Japon en Côte d'Ivoire a été préalablement demandée par l'ONU.

Maintenant il faut trouver une solution aux crises.

On peut penser que ce sera plus simple en Côte d'Ivoire. Sarkozy n'est pas étranger au nouveau rôle de rassembleur joué par Ouattara, et sa volonté affichée de rétablir l'ordre et la sécurité à Abidjan.

Ce sera plus compliqué en Libye, notamment à cause de la prudence américaine, qui s'est traduite par un retrait partiel américain des opérations militaires. La nouvelle tactique de Kadhafi de mêler ses troupes aux populations civiles rend problématiques les interventions aériennes. La désorganisation des insurgés, dont les actions s'apparentent parfois à des monômes éudiants plus qu'à des opérations militaires, limite la communication avec l'état-major de l'Otan, qui ne sait pas où sont les troupes des uns et des autres. Cela a eu pour effet quelques "bavures", qui ont heurté des populations. L'essentiel de l'effort militaire est assuré par la France, bien davantage, dit-on, que la Grande-Bretagne.

Le commandement des opérations par l'OTAN pose aussi problème. Outre que c'est la première fois que l'OTAN dirige une opération militaire sans les américains, il est paradoxal de voir les français en leadership, d'une organisation de laquelle elle s'est retirée il y a plus de quarante ans.

Le départ de Kadhafi ne semble plus être une condition préalable à l'ouverture de négociations, qui peuvent s'engager avec des personnalités du régime, voire les fils du colonel. Mais le peuple libyen pourrait être plus exigeant, et demander le départ préalable du président, de ses fils, de ses ministres et responsables militaires. Pourtant, la solution du conflit passera par des négociations, plus que par les armes.

G8, G20, Afrique, Japon où la France via son président a proposé son aide, sans oublier l'Afghanistan qui mobilise encore plusieurs centaines d'hommes, la France occupe la scène internationale, et y promeut ses valeurs.

L'heure du bilan n'est pas venue, gageons qu'il sera positif, pour qu'à l'avenir les dirigeants de tous les pays aient bien conscience que leur qualité de chef d'Etat ne leur donne pas tous les droits, et que certaines valeurs sont universelles. Et pour les faire respecter, il y a les organisations internationales, qui sollicitent les Etats membres.   

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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