pourquoi hurler avec les loups?

Publié le 1 Novembre 2011

Les marchés et le monde politique qui lui est soumis ont tort d'avoir peur du référendum de la Grèce.

papaandreou.JPGIls ont tort, parce que c'est évidemment le droit des grecs de soumettre à l'accord collectif un plan qui va les emmener durant des années dans un programme économique porteur de chômage et d'exclusion.

Ils ont tort, parce que une Grèce qui sort de l'euro parce que le peuple ne veut pas appliquer les règles de rigueur et de gestion imposées, ce n'est pas la même chose qu'une Grèce qui en sortirait parce que les membres de la zone euro ne voudraient pas payer pour elle.

La solidarité européenne a fait ses preuves. Elle a montré que les Etats étaient prêts à soutenir les canards boiteux, et payer pour leur compte. C'est clairement le message que veut entendre le marché, et il l'a entendu.

La récente crise, qui est loin d'être achevée, a montré toute la difficulté d'avoir une monnaie commune entre des pays à niveau de développement différent, et avec des politiques économiques, budgétaires, fiscales, sociales, hétérogènes, voire divergentes. Si la Grèce s'en va, ce qui sera compliqué car non prévu par le traité européen, cela ne pourra que souder davantage ceux qui resteront.

C'est aux politiques de convaincre le marché qu'une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, c'est d'abord un problème pour la Grèce, bien plus que pour la zone euro.  

Au lieu de cela, tous les dirigeants européens se précipitent à hurler avec les loups, et à prévoir les pires catastrophes si la Grèce s'en va.

Au pire, on passera 100% des créances sur la Grèce en pertes et profits, au lieu des 51% décidés par Bruxelles. Les banques, françaises en tous cas, disent qu'elles peuvent largement les supporter. Toutes ont crié haut et fort que cela ne ferait qu'entamer leurs profits !

La Grèce est devenue un problème pour l'Europe. Elle est la cause immédiate de la crise actuelle. L'accord de Bruxelles avait amené un apaisement, en rassurant provisoirement les marchés. Provisoirement. Car la rechute était attendue à la première amorce de non exécution du plan.

Plutôt que d'aller de crise en crise au grè de la capacité d'Athènes de mettre en place les mesures espérées, rien ne dit que le départ de la Grèce ne serait pas une bonne chose. Pour la zone euro, et pour la Grèce.

Les marchés n'aiment pas le changement. Ils surréagissent à tout évènement qui change l'ordre établi des choses. C'est aux politiques de le maîtriser et de lui montrer les voies à suivre.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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