la Grèce peut-elle rester dans l'euro?

Publié le 7 Février 2012

grece-manif576_164.jpgC'est de longue haleine, mais la Grèce et ses créanciers vont trouver un accord. Ils ont encore quatre bonnes semaines pour ce faire.

Mais la population gronde, et la Grèce est l'exemple, poussé à la caricature, de la faille dans la construction de l'Europe, et des risques engendrés par la monnaie unique.

Le problème de la Grèce, comme de beaucoup d'autres pays, est un problème de compétitivité.

Dans un système où chaque pays a sa propre devise, on procède à un réajustement des monnaies, en un mot on dévalue, et on complète par un plan de rigueur à peu près acceptable.

Cela a pour effet de baisser les prix des produits exportés, et donc de redonner de la compétitivité, et de renchérir le coût des importations, donc d'en diminuer le volume. A certaines conditions, notamment d'élasticité par rapport aux prix de la consommation et des exportations, le résultat est un retour à l'équilibre de la balance commerciale, avec une croissance de l'économie par les exportations, et non par la consommation intérieure. Pour cela on ajoute à la dévaluation un plan d'austérité visant à limiter le pouvoir d'achat. Les effets négatifs sont une hausse des prix due au renchérissement du prix des produits importés, et un accroissement  du chômage.Le mix dévaluation/rigueur atténue l'impact social négatif.

grece.pngQuand il y a monnaie unique, on ne peut jouer que sur un seul levier : le plan d'austérité. Et en Grèce, quelle rigueur! Imagine-t-on en France qu'on demande à l'ensemble des salariés et des retraités de voir leurs salaires et retraites diminuer de 25 à 30%? Y compris pour les revenus les plus bas. Il est déjà impossible de vivre normalement avec un smic, alors avec 3/4 de smic!

La difficulté sera d'autant plus grande que le résultat à court terme d'un tel plan est la récession et l'explosion du chômage. Dans des économies où le moteur de la croissance reste la consommation, une amputation de 25 à 30% des revenus a des effets incommensurables sur le chômage. Parions qu'une telle mesure en France entraînerait un taux de chômage frôlant les 20%.

Une sortie de l'euro inéluctable?

Le pari d'un tel plan? Un retour à l'équilibre de la balance commerciale par la chute des importations induite par la hausse de leurs prix, et une augmentation des exportations par un accroissement de compétitivité engendré par la baisse des coûts salariaux. Pari risqué s'il en est, inhumain, ignorant des malheurs qu'il causera à des centaines de milliers de personnes. L'alternative pour les grecs, et d'autres à leur suite, sera d'émigrer vers les pays encore compétitifs et en plein emploi. Ils ne sont pas légion.

Ce n'est pas par hasard si la Chine entend conserver la maîtrise de la valeur de sa monnaie pour maintenir sa compétitivité.

Si la Grèce veut continuer à exister, c'est à dire avoir une industrie produisant sur place biens et services suffisamment puissante pour offrir au plus grand nombre l'emploi sans lequel on ne peut pas vivre, la sortie de l'euro semble inéluctable. Sauf à trouver des alternatives inconnues aujourd'hui.

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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