peut-on encore croire ceux qui nous gouvernent?

Publié le 3 Novembre 2011

Marché et dirigeants retournent leur veste plus vite que leur ombre. Sont-ils encore crédibles?

 

trichet-draghi.jpgPendant des années, Trichet nous a bassiné avec l' euro fort, au nom de quoi il s'est interdit de baisser les taux , même au sacrifice de la la croissance et de la compétitivité de l'Europe et de sa zone euro.

Pourquoi cette obsession d'un euro fort ? Personne ne sait trop.

Parce que le subconscient allemand reste marqué par la crise de 1929, et du mark qui avait perdu 99,99%de sa valeur en quelques semaines, ruinant des centaines de milliers de gens, et conduisant le pays au nazisme ? Par un souci de gloriole mal placée? Par méconnaissance de la réalité économique, et une priorité donnée aux phénomènes monétaires qui n'en sont que la conséquence?

Donc la porte par laquelle Trichet vient de quitter la BCE à peine refermée, son remplaçant Mario Draghi prend l'exact contrepied, pour, en pleine tourmente, baisser de 0,25% le taux directeur de la BCE. Alors que l'incertitude sur la Grèce devient certitude que la pagaïe est devant nous, que l'euro est plutôt en baisse sur le marché, que la complétude de la zone euro est entamée, que le rêve de l'euro se transforme en cauchemar pour nombre de pays de la zone!

Mario  a peut-être raison. Mais si c'est le cas, on ne peut qu'être catastrophé de voir avec quelle vitesse une vérité qu'on s'est acharné à asséner contre tous, et aux conséquences si lourdes, devient erreur le lendemain!

Et l'on voudrait que le peuple fasse confiance aux experts et aux dirigeants?

 

grece.jpgLe monde de la finance et les gouvernants étaient hier bouleversés des soucis grecs et de la menace qu'ils faisaient peser sur la pérennité de la zone euro, voire de l'euro. Et d'affirmer à l'unisson que ni l'une ni l'autre ne se remettraient d'une faillite de la Grèce.

Aujourd'hui qu'un refus des grecs de poursuivre l'aventure de l'euro n'est plus de la science fiction, le même marché et les mêmes gouvernants envisagent avec optimisme la départ de la Grèce de la zone euro, voire de l'euro. Alors que la crise grecque a fait dévisser les bourses dans des proportions rarement égalées, et ramener les banques à une valeur dérisoire, la faillite annoncée de la Grèce, si le pays quittait l'euro, rassure dorénavant. Même le cours des banques a monté ce jeudi, faisant fi qu'une sortie de la Grèce de l'euro conduira à une perte de 100% des créances détenues sur le pays.

Tant mieux, c'est ce que j'écrivais le 1er novembre (cf. pourquoi hurler avec les loups).

Mais avec quelle insouciance tout ce beau monde retourne sa veste? Pendant des semaines, gouvernants et financiers se sont efforcé de convaincre les peuples que le départ de la Grèce de la zone euro serait un cataclysme dont on ne se remettrait pas.

Comme si le pire affolait quand il est possible, et rassurait quand il est certain !

 

bnpp.jpgBNPP annonce qu'elle va annoncer, histoire de préparer les esprits (des salariés et syndicats de la banque), le 15 novembre, une révision de certaines activités, avec des coupes sombres dans les effectifs. Rassurons-nous, cela devrait concerner les seules activités de marchés, et qui plus est à l'étranger!

Il est vrai que ces activités casino sont une épée de Damoclès sur la tête des banques. Dans les deux dernières semaines, une banque allemande a miraculeusement retrouvé 50 milliards d'euros, correspondant à des pertes comptabilisées deux fois en .... 2008 !! et le grand courtier américain, dirigé par une grande gueule qui a amassé une fortune de 400 millions de dollars chez Goldman Sachs avant d'en être viré,  fait faillite, plombé par des spéculations hasardeuses sur la dette européenne !!

C'est ce qu'on appelle le marché, c'est à ça qu'il faudrait que les gouvernants obéissent, c'est pour lui plaire qu'il faut durcir les plans d'austérité et conduire des millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté.

Le marché existe, pas question de l'ignorer. Mais donnons lui la place qui doit être la sienne, ni plus, ni moins.

Et méfions-nous des experts et dirigeants de tous bords qui nous ressassent sans complexe des vérités jamais démontrées, ringardisant les sceptiques du moment.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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