paroles ... paroles ...

Publié le 16 Février 2012

Cela n'a évidemment surpris personne, Nicolas Sarkozy est candidat à sa propre succession.

sarkozy.jpgEt de débiter un début de programme, en tous cas un décor, une ambiance, un ton. Un air de campagne.

Celui de 2012 a trois tons:

- une France forte

- la valeur travail réévaluée

- la France par le peuple, pour le peuple.

La France forte!

Si cela doit faire partie du programme à venir, c'est donc que la France ne l'est plus, forte. Elle devait l'être en 2008, puisque ce n'était pas dans le programme. De toute façon, quel français n'adhérerait pas à ce slogan? Même les électeurs du PS, même du Front de gauche, et aussi du FN ne s'y opposeront pas. C'est cela le consensus?

Un point tout de même reste à creuser : comment arrive-t-on à (re)créer une France forte? Je sais, je pinaille ...

Réévaluer le travail.

Ca, c'était déjà au programme de 2008, vous savez, "travailler plus pour gagner plus". Des mauvaises langues ou des déçus, disent qu'en travaillant plus, maintenant ils gagnent moins!

Et puis il y a tous ceux qui aimeraient bien travailler, mais qui ne trouvent pas de boulot. Et puis il y a les entreprises, qui préfèrent externaliser en Chine, Inde ou Maroc que de maintenir le travail en France. Et pas toujours pour des motifs de survie. Et puis il y a la course au profit, qui passe par la recherche de gain de productivité à tout prix, qui fait préférer la machine à l'homme, et augmenter la charge des salariés en place plutôt qu'embaucher. Et puis il y les salaires de 80% des salariés qui stagnent, et les bas salaires qui ne permettent pas de vivre avec un minimum de décence.Et puis il y a les RH qui ne recrutent pas si le candidat dévie, ne serait-ce qu'un peu, d'un profil type établi par tous les psy et autres conseillers.

La situation s'est dégradée sur ce sujet depuis quatre ans. La mondialisation a continué son bonhomme de chemin, et la crise a fait le reste. La promesse initiale n'a pas été tenue, on voit mal comment la suivante pourrait l'être.

La France par le peuple, pour le peuple.

Ca c'est nouveau, ça vient de sortir.Le référendum est prévu dans la constitution de 1958, et certains viennent de redécouvrir son existence. Mais pourquoi pas, après tout! La Suisse en use abondemment, et cela permet de ne pas limiter la démocratie à une élection tous les quatre ans.

Encore faut-il que le sujet en vaille la peine, que la question soit posée sans arrière-pensée politicienne, et qu'elle permette une réponse par oui ou par non. Et faut-il encore que le président ne lie pas son destin au résultat, sans quoi le référendum n'est qu'un plébiscite. Napoléon III en a largement abusé. De Gaulle avait lié son maintien au oui au référendum sur la régionalisation. Les français, qui sans doute étaient plutôt favorables à l'idée régionale, ont dit non à de Gaulle et au principe du plébiscite. De Gaulle est parti, mais l'utilisation du référendum comme instrument démocratique n'y a pas gagné.

On peut se demander quand même pourquoi l'actuel président n'a pas songé à y avoir recours sur les grands sujets comme les retraites ou le temps de travail. Quant à l'utiliser sur le chômage, sauf à demander au peuple s'il est pour ou contre le chômage, le sujet n'est vraiement adapté à un référendum, par essence caricaturalement simplificateur.

On pourrait ajouter que derrière la convivialité apparente, Nicolas Sarcozy n'est pas l'archétype du "monsieur peuple", ses premiers actes politiques après la griserie de l'élection précédente en témoignent.

Comme il en est maintenant dans la société civile, les politiques se sont mis entre les mains des communicants professionnels pour présenter des discours et des programmes séduisants, et se forger une image tranquille et responsable.

Aussitôt oubliés dès l'élection venue.

 

 

 

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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