obligation de réserve et devoir de conscience

Publié le 27 Juillet 2011

Le devoir de réserve peut s'opposer au devoir de conscience.

souid.JPGDans tous les métiers existe le devoir de réserve.

Dans l'Administration, où il est né, il vise à interdire les comportements qui pourraient nuire à son renom. Ceux qui y sont soumis doivent, en particulier s'abstenir de faire état de leurs opinions personnelles sur des questions relatives à leur activité, ou d'avoir des comportements incompatibles avec la dignité, l'impartialité ou la sérénité de leurs fonctions.

Mais que faire quand les comportements de l'administration sont en désccord avec les principes qu'elle est supposée défendre, et que de l'intérieur on se heurte à l'indifférence, voire l'hostilité, quand on tente de le faire savoir?

Maurice Papon et bien d'autres dans la police, la SNCF, les grandes industries, ont choisi le silence et ont fait le gros dos sous l'occupant nazi. On courbe l'échine, on subit, et on exécute. Des années plus tard, cette soumission peut être durement reprochée, et parfois sanctionnée.

 

Sihem Souid (photo ci-dessus) a choisi de parler.

Elle est fonctionnaire de police, adjointe de sécurité à la PAF (police aux frontière) à Orly. Pour s'opposer au racisme latent des policiers, qu'on imagine bien volontiers quand on sait l'inhumanité dont on sait faire preuve pour accueillir les étrangers en France, surtout quand ils viennent de certaines parties du monde, elle a choisi d'écrire un livre, "Omerta dans la police". La sanction n'a pas tardé : suspension de la police pour 18 mois, dont six avec sursis.

Que fallait-il faire à la place de Sihem Souid?

Continuer à se taire pour conserver son boulot et sa modeste paie? et continuer à être confronté quotidiennement au mépris, à l'hostilité, à la violence, de ses collègues à l'égard des étrangers désireux de s'installer en France?

Se taire et demander sa mutation? Et tenter d'oublier les comportement odieux qu'elle a vus, et qu'elle sait continuer?

Démissionner de la police, et toujours en se taisant car on peut supposer que le devoir de réserve ne s'éteint pas à l'instant même où on quitte l'administration?

Résister. C'est le message à succès de Stéphane Hessel, le "père" des indignés. Sihem Souid s'est indigné, et fait de la résistance.

Elle aurait pu, comme beaucoup doivent le faire, refiler des infos à la presse, plus ou moins en douce, plus ou moins gratuitement. Elle a choisi la transparence, en écrivant sous son nom, elle a dit la vérité : elle doit être exécutée. 

Pendant ce temps-là, on présume que la PAF à Orly poursuit ses bonnes oeuvres.


Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

Repost 0
Commenter cet article