nous sommes tous hollandais ..

Publié le 7 Mai 2012

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- 17 ans après, la France élit de nouveau un président de gauche. Il n'y a pas de démocratie sans alternance. La droite l'a accepté, le président sortant a su se montrer digne, demandant de respecter le nouveau président, car il représente désormais la France. La France deviendrait-elle adulte?

- Qui aurait cru aux chances de FH il y a 15 ou 18 mois? Personne, à part lui. Comme Sarkozy, il a la politique chevillée au corps, a toujours cru en ses chances, et a su développer et mettre en oeuvre la stratégie adéquate. Il a réalisé une campagne sobre et sans trop de démagogie, tout en sachant, dans un contexte morose, susciter espoir et enthousiasme chez beaucoup de citoyens. Il s'est montré à la hauteur dans les débats essentiels, et a su convaincre de sa stature présidentielle. Reste à la confirmer dans les semaines qui viennent.

- La période qui s'ouvre va être difficile.

La crise ne s'est pas envolée comme par un coup de baguette magique. Le monde est en face d'une crise mondiale, qui est la crise d'un capitalisme triomphant, que la chute du communisme et la mondialisation ont légitimé comme système unique et référence de valeurs, faisant de la recherche du profit le moteur principal de l'activité des hommes, dans l'intérêt des actionnaires et des top managements. Les entreprises françaises ne peuvent pas s'extraire de ce jeu-là, sauf à disparaître.

Le point majeur sur lequel le nouveau pouvoir sera attendu est celui du chômage et de la précarité de l'emploi d'une part, du pouvoir d'achat et de la revalorisation des salaires de l'autre. Le pouvoir des politiques est mince sur ces sujets, on le sait bien. Encore plus en temps de crise.

- Les marchés financiers n'ont pas réagi négativement à la victoire de la gauche. Ils attendent les premiers actes, et ce matin les taux français étaient même plutôt orientés à la baisse. Les agences de notation, qui ne sont pas à quelques contradictions près, étaient les premières à mal juger les pays qui mettaient en place l'austérité qu'elles ont elle-mêmes préconisée, au prétexte que sans croissance elle mène dans le mur!La baisse de la bourse trouve sa cause dans le fatras grec, où les partis de gouvernement, même ensemble, ne sont pas majoritaires, avec l'extrême gauche et le parti nazi qui sortent du bois.

- Hollande a su convaincre l'Europe, et peut-être au-delà, que l'austérité n'est pas la réponse unique à apporter à la crise. Et que pour éviter un accroissement démesuré du chômage, et que tout le poids des difficultés soit assumé par les classes moyennes et populaires, un minimum de croissance est nécessaire. L'Allemagne semble s'être approprié maintenant cette idée. Nul doute que François Hollande saura établir avec Angéla Merckel les relations étroites que les deux pays ont su nouer depuis de Gaulle et Adenauer. Il y aura ensuite cette vaste Europe à gérer, faite de pays aux intérêts pas toujours convergeants.

- Le nouveau président entend être jugé sur les deux points essentiels que sont la justice et la jeunesse. Certes les bons indicateurs de mesure des résultats ne seront pas aisés à trouver. Mais la crise n'est pas le moment le plus propice à diminuer l'injustice, ni à créer l'enthousiasme et l'intégration de la jeunesse.

La force de François Hollande tient dans sa capacité d'écoute, une simplicité dans la relation et une certaine empathie avec la population. Fasse que la fonction présidentielle, avec l'isolement et l'esprit courtisan qui lui sont attachés, ne le banalise pas en le transformant en simple homme de pouvoir.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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