moralisation ?

Publié le 1 Juin 2012

Le monde des affaires a-t-il une chance de se moraliser?

On a déjà évoqué ici le cas de l'ex-DG d'Air France, qui a tant convaincu à son poste, que l'entreprise, en difficulté financière, a choisi de s'en séparer. En guise de remerciement, une indemnité de départ (imposable?) d' 1 400 000 euros lui a été généreusement versée, dont 400 000 pour protéger les collègues, et néanmoins concurrents, d'Air France des nuisances de Pierre-Henri Gourgeon !

L'Assemblée Générale a refusé le versement de cette dernière, sauf qu'elle a déjà été payée, et qu'il paraît que le cupide bénéficiaire n'a pas l'obligation juridique de la rembourser. Il pourrait en avoir l'obligation morale, mais là, faut peut-être pas rêver !

On soulignera aussi et quand même qu'avec ou sans indemnité le DG remercié n'est pas à la rue, puisqu'il a le bonheur de toucher une retraite chapeau mensuelle de 40 000 euros, qui devrait lui permettre de voir venir. Et gageons qu'il a su ne pas dépenser l'intégralité des centaines de milliers d'euros qu'il gagnait en tant que DG, et qu'habilement placées, elles-seules lui procureront une retraite que 90% des retraités devraient lui envier.

Même scénario à l'Assemblée Générale de Safran, société dans le giron de l'Etat, où l'assemblée Générale a refusé le parachute doré et la retraite chapeau à son Pdg.

Dans le secteur privé, l'AG de la SG n'a voté qu'à une infime majorité la rémunération de Frédéric Oudéa.

Les choses ont-elles une chance de bouger ? L'indignation de quelques uns s'étendrait-elle au plus grand nombre ?

Ces rémunérations abracadabrantesques n'ont guère de sens commun, et sont sans rapport avec le risque pris par ces hauts dirigeants, au mieux habiles gestionnaires et visionnaires, au pire nuisibles, le plus souvent ordinaires, et qui en cas d'échecs retournent dans leur corps d'origine, ou font jouer leurs réseaux pour retrouver une activité, ou simplement  jouissent de leurs pécules amassés.

Les vrais patrons ne sont pas ces grands dirigeants conseillés par des armées de cadres servils, mais les créateurs et patrons de PME qui engagent leur patrimoine à la tête d'entreprises dont ils sont l'âme. Ceux-là créent de la valeur, et ne disposent de leur fortune qu'à la cession de l'entreprise.

On peut s'indigner pareillement des rémunérations astronomiques de sportifs ou people du show business, et des millions d'euros touchés chaque année par les meilleurs. Le cas des footballeurs est particulièrement choquant, quand on voit le comportement des nationaux français à la dernière coupe du monde, ou leurs exigeances d'enfants gâtés,  quand la FFF se croit obligée d'affrêter un Jet privé pour transporter l'équipe de France sur 200 km, l'autocar ne satisfaisant pas ces messieurs.

La société a les idoles qu'elle mérite, et récompense selon le système de valeurs qu'elle promeut.

Haut management des grandes entreprises, trop souvent mobilisé sur la recherche du profit pour eux-mêmes que par  l'intérêt de l'entreprise à long terme, footballeurs aux comportements douteux sur le terrain, où l'obstruction et la simulation égalent parfois le talent, artistes du show businness promus stars par des as du marketing, traders dont la seule motivation est d'amasser des bonus sur des opérations de spéculation à court terme, voguent sur les cîmes des récompenses.

Au détriment des chirurgiens, des ingénieurs, des chercheurs, des artistes (les vrais), des enseignants et formateurs, de tous ceux qui agissent pour faire que le monde soit vivable.

L'argent est, et restera, le nerf de la guerre. Mais les deux dernières décennies ont exacerbé considérablement les tendances passées.

Il n'est pas choquant que l'argent récompense les plus compétents, les plus dynamiques, les plus créateurs de valeurs, les plus audacieux, les plus entreprenants.

Il est choquant quand certaines limites sont dépassées, quand la fortune ne récompense pas le risque et l'audace, quand l'utilité sociale non seulement n'est pas récompensée, mais bafouée.

 

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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