Monti, après Berlusconi

Publié le 14 Novembre 2011

L'antithèse de Berlusconi gouverne désormais l'Italie. Au flambeur richissime et jouisseur a succédé un universitaire pondéré et technicien. Patron d'une grande Université italienne, il a été commissaire européen pendant des années, à la concurrence notamment. Il y a âprement défendu les vertus de la libre concurrence, même au risque de contrarier les intérêts de l'Europe. Il est administrateur de diverses sociétés, et conseiller de Goldman Sachs.

Monti est celui qu'on attendait, et que les marchés étaient présumés espérer. Sa complicité avec la banque d'investissement américaine n'a pourtant rien de pleinement rassurant, ces grandes institutions ayant quand même une grande part de responsabilité dans la crise actuelle. GS n'est pas étranger à la faillite de Lehmann ni à la crise des subprimes.

Au nom de sa foi dans la libre concurrence, Renault, Air-France ou Alsthom auraient pu disparaître.

Monti va caresser les marchés dans le sens du poil, et avec eux les grandes banques d'investissement qu'il connaît bien. Il n'y avait sans doute pas d'autre choix, pour faire revenir le calme et le bon sens dans la maison.

Le risque est grand cependant que Monti approche la situation de l'Italie sous le seul angle financier des déficits budgétaires et de l'endettement, et prenne dans ce sens des mesures d'austérité qui vont plaire aux investisseurs et faire le malheur de l'italien moyen.

Et qu'il ignore les évènements qui ont fait que l'Italie, comme la Grèce, l'Espagne et d'autres, en sont arrivés là.

Le peuple italien risque vite d'être déçu. Les "indignés" ont de beaux jours devant eux !

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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