mémoire courte et langue de bois

Publié le 6 Avril 2012

L'écologie, l'environnement, le nucléaire et l'énergie, sont hors des débats de la campagne électorale. Le chômage, le pouvoir d'achat, la crise de l'euro, la sécurité et l'immigration, la fiscalité, tiennent la vedette, même s'il s'agit  plus de gesticulations médiatiques et démagogiques que de mesures qui s'insèrent dans une vraie vision de société.

L'incident de la centrale de Penly, entre Dieppe et le Tréport, est là pour nous rappeler qu'avec nos dizaines de réacteurs nucléaires, nous vivons à côté d'une bombe.

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Les accidents et les drames ne sont pas le monopole des autres, et la privatisation croissante des grands entreprises productrices d'énergie ne peut qu'inquiéter. On sait bien que la pression exercée par le marché sur les directions des entreprises n'encourage pas celles-ci à investir dans les dépenses non immédiatement rentables visant la sécurité.

Dans un  communiqué très aseptisé, et pourtant contraditoire*, qui n'a pas dû manquer de monopliser les ténors du service Communication d'EDF pendant plusieurs heures, l'Autorité de Sûreté Nucléaire - ASN - nous dit avoir été informée le 5 avril par EDF "d'un départ de feu dans le réacteur n°2" (il y a deux réacteurs à Penly). Les pompiers ont pénétré dans le réacteur, et ont "éteint des flaques d'huile en feu".

D'après EDF, il s'agirait d’un "défaut sur un joint d’une pompe du circuit primaire du réacteur 2".

Combien y a-t-il de joints dans la centrale nucléaire de Penly? Comment sont-ils contrôlés? Le sont-ils? Peuvent-ils l'être? Ou sont-ils périodiquement changés?

Il reste que si le feu a été maîtrisé, dans un délai du reste mal précisé, il y eu des fuites d'eau radiactive, qui n'ont cessé qu'à 4h du matin dans la nuit de jeudi à vendredi.

Quant au réacteur, il reste à l'arrêt, EDF ayant affiché son intention de ne pas le redémarrer avant de savoir ce qui s'est vraiment passé.

Nos centrales nucléaires ont atteint pour une large partie d'entre elles la limite d'âge fixée à leur origine. Comme les salariés, leur âge de retraite a été repoussé aux calendes grecques. Des pépins de ce genre ne peuvent que se renouveler, et la communication officielle peut aussi inquiéter quand on compare le laconisme du communiqué officiel, publié au nom de l'ASN avant même que ses experts aillent sur les lieux, et la réalité telle qu'elle est décrite dans l'article d'Europe 1. On peut faire confiance à tous nos experts langue de bois pour surtout pas nous informer de ce qui se passe réellement.

Rappelons que Penly est situé dans une zone très urbanisée, et qu'au bout de la vallée de la Seine, il y a la région parisienne.

 

* Il y est dit que l'ASN a été informée par EDF vers midi de la "survenue d'un départ de feu". Plus loin, le communiqué parle d'un "départ de feu survenu dans l’après-midi". Rêvons que les services techniques d'EDF soient plus fiables que ceux de la Communication !

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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