Dexia sera bien démantelé

Publié le 12 Octobre 2011

DEXIA sera bien démantelé, comme prévu.

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On retourne donc à la case départ,  celle d' il y a vingt ans, mais sans toucher les intemporels vingt mille francs!  Bien au contraire, cela pourrait coûter cher à l'Etat français (et ses chers contribuables), qui apporte sa garantie à coup de dizaines de milliards.

Probable qu'encore une fois l'exemple de Dexia ne sera pas mis à profit.

Pourtant l'épopée de Dexia, autrefois Crédit Local de France, autrefois CACL, est la caricature, jusqu'à l'absurde, des méfaits possibles du néo-libéralisme.

Au départ était une activité à l'utilité sociale et économique incontestée : les prêts aux collectivités locales.

La Caisse des Dépôts et Consignations, bras séculier de l'Etat, en était le maître du jeu, d'abord directement, ensuite via la CAECL. Tout fonctionnait bien, ou presque, dans le meilleur des mondes possible. Jusqu'au jour où on a voulu ériger cette activité en centre de profit ouvert aux capitaux privés.

Et la dérive commença. Les fonctionnaires jouèrent aux grands banquiers d'affaires, c'était le temps où les banquiers n'avaient d' yeux que pour la City et les grands banques d'affaires américaines, Lehman et Goldman Sachs en tête. Dans ce climat d'innovation et de mondialisation, pas question de continuer à se cantonner aux pépères crédits à taux fixe. Alors on a fait des crédits dits "structurés", c'est à dire compliqués, pour laisser miroiter à l'emprunteur des taux en apparence bas.

Ajoutons à tout ça une fusion avec le Crédit Communal de Belgique, débouchant sur un beau non en A, extirpant les peu sexy "local" et "communal", l'adjonction d'activités pour compte propre, une volonté flottante de se développer en banque de dépôts, qui est un autre métier, et celle d'étendre les prêts aux collectivités du monde entier, ce qui est, aussi, un autre métier.

Tout cela pourquoi ?

Certainement pas pour améliorer le service rendu aux clients d'origine, qui sont devenus la troisième roue d'un carrosse bancal, et à qui ont été vendus ces prêts casinos.

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Pour devenir un intervenant qui compte sur les marchés financiers, concurrent des banques dites universelles et des banques d'investissement type Lehman et GS, et profiter du fabuleux gâteau dont les banques se sont empiffré dans les années 90 et 2000 ? Seulement, on ne change pas de métier du jour au lendemain, et travailler contre ses clients ne dure qu'un temps.

Le rêve aura donc fait long feu, et Dexia va redenir "gros Jean, comme devant".

La Caisse des Dépôts et Consignations va récupérer les billes qu'elle avait laissé partir il y a vingt ans, sauf qu'elles sont cabossées et ne roulent plus guère. L'Etat français va apporter sa garantie à hauteur de 70 milliards d'euros environ, gageons aussi que moult collectivités vont en profiter pour renégocier les conditions de leurs crédits pourris, et qu'il faudra bien que quelqu'un paie la différence.

Pourquoi a-t-il fallu qu'une activité comme celle-ci connaisse pareille mésaventure? Parce que l'Etat et ses satellites ont souhaité se dégager d'une activité gourmande en capitaux. Parce que la nouvelle entité constituée n'a pas su, voulu, ou pu, résister aux chants des sirènes capitalistes, et qu'elle a cru à la nécessité de devoir se transformer en banque d'investissement pour survivre. Ses actionnaires ont bien dû l'y pousser aussi, comme certains hauts dirigeants qui ont su bien en profiter pendant les vaches grasses, ou prétendues telles.

Ainsi cette entreprise est passée en quelques années de la logique service public à la logique capitaliste la plus dure, dématérialisée et mondialisée. Et plus dure, et coûteuse, aura été la chute.

Toutes les activités n'ont pas à obéir, loin s'en faut, à la logique capitaliste. A celle d'une saine gestion, bien évidemment, c'est un devoir, mais ce n'est pas la même chose.

Il faudra bien un jour que cesse cette pratique qui veut que les actionnaires et le top mangement empochent les profits, et que l'Etat et les contribuables paient les dettes.

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Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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