livre - "le capitalisme hors la loi"

Publié le 4 Janvier 2012

capitalisme-hors-la-loi.jpgL'auteur, correspondant à Londres du Journal " Le Monde", nous dépeint ce monde fou de la finance obsédé par l'argent, qui a créé les produits dérivés et étendu son emprise sur le négoce des matières premières, entraînant l'explosion des cours qu'on a enregistré ces dernières années. Déjà auteur d'un livre sur Goldman Sachs "La banque", Marc Roche nous dépeint l'univers de ces grandes banques d'affaires anglo-saxonnes, ou celui moins connu des opérateurs de négoce international.

Il nous décrit ces grands patrons de banques à qui on doit la bulle financière qui a éclaté en 2008 avec la crise des subprimes, et qui continue aujourd'hui avec celle de l'euro : "carriéristes, plus loyaux au métier et aux collaborateurs les plus directs qu'à la firme ou à ses employés, individualistes forcenés, incapables de déléguer, dépourvus de vision globale, obsédés par le bonus comme seul étalon de succès, dédaigneux enfin des régulateurs, des actionnaires ou des clients. S'ajoutent l'obsession du court terme, de la distribution de gros dividendes aux actionnaires et des profits trimestriels passés à la loupe par les marchés. Cette obsession du "tout financier" amène à sacrifier le service à la clientèle, le développement progressif de la marque, l'effort de recherche".

La crise de 2008 a amené le régulateur à resserrer la réglementation, largement appliquée par les banques de dépôt. Mais le capitalisme de l'ombre, selon une expression de Christine Lagarde,  n'en reste pas moins actif. Il vise ce capitalisme qui alimente les bulles et aggrave les crises "en agissant en meutes" : hedge funds, firmes de capital-investissement, banques d'affaires, spéculateurs sur les matières premières, chambres de compensation, sociétés hors-bilan, opérant souvent dans les paradis fiscaux, dont ceux situés en Europe (Suisse, Luxembourg, Liechtenstein, îles anglo-normandes notamment).

Cette économie parallèle, mal régulée, considère la planète comme un vaste casino, où l'on peut miser sur tout et n'importe quoi, en contournant en toute légalité les marchés organisés.

Si les activités classiques de banque et de banque d'affaires sont plutôt bien régulées, nombre d'activités à la périphérie du système le sont moins, et certaines qui étaient dans le système sont en train de partir à l'extérieur pour échapper aux réglementations.

Un capitalisme opaque et spéculatif s'oppose désormais au capitalisme réglementé. Alors que les activités "officielles" des banques de dépôt sont de plus en plus réglementées, au point de remettre en question leur activité de distributeur de crédits à l'économie, le capitalisme de l'ombre se développe dans les paradis fiscaux du monde entier et au travers d'activités hors-bilan. Ce système retient en otage États, consommateurs, salariés et petits actionnaires.

S'attaquer à ce capitalisme hors la loi est "le chantier des chantiers" si on veut éviter de violentes turbulences qui, comme toujours, seront payées par les peuples.

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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