libye - le retour du droit d'ingérence

Publié le 20 Mars 2011

Ca y est ! une une intervention en Libye a été décidée et rapidement mise en oeuvre, signe qu'elle était  mise à l'étude depuis longtemps.

Top tard disent certains libyens, qui pensent qu'il aurait été plus facile d'attaquer les troupes de Kadhafi sur les routes désertiques qui mènent à Benghazi, que de les faire sortir de la ville. Mieux vaut tard que jamais, disent d'autres.

Le droit d'ingérence reprend donc de la vigueur. C'est le cri lancé aux apprentis dictateurs : aucun chef d'Etat, même élu démocratiquement, n'est propriétaire de son peuple, et n'a le droit de le massacrer. N'en déplaise à Hugo Chavez, le président vénézuélien, seul Etat, avec la Chine, qui se montre opposé à la résolution de l'ONU.

Il reste que le plus dur reste à faire.

libye1.jpgOn ne gagne pas les guerres avec les seuls bombardements, des interventions terrestres sont à un moment donné nécessaires. Sous des formes diverses, grand débarquement ou interventions commando en appui des insurgés. Mais on n'y échappera pas.

Il n'y a pas de guerres propres. Donc il y aura des effets collatéraux, des bavures, comme dirait Coluche, des victimes civiles, pour parler clair. Avec le risque fort que l'opinion libyenne se retourne contre les forces de l'ONU, encouragée évidemment par Kadhafi. Le colonel fou ne manquera pas de faire vibrer la fibre nationale, et ce sera d'autant plus facile que nombreux seront les libyens à avoir perdu dans les bombardements, qui un parent, qui un ami. C'est la voie qu'il a empruntée dès hier en déclarant qu' "il est désormais nécessaire d'ouvrir les dépôts et d'armer toutes les masses, avec tout type d'armes, pour défendre l'indépendance, l'unité et l'honneur de la Libye".

Il est peu probable que Kadhafi cède au vu des seules interventions de l'ONU. Une défaite militaire n'est pas évidente non plus sans intervention terrestre des forces onusiennes. L'enlisement et la déception sont des réelles menaces.

Et si la solution passait par l'entourage de Kadhafi ?

Ce qu'on pourrait espérer de mieux, c'est un retournement de position de l'entourage du despote, avec éventuellement un renversement de Kadhafi.  Saïf Al-Islam, celui de ses fils qui était le plus occidentalisé, semble depuis quelques semaines, avoir durci ses positions. Quid des autres, et notamment des ministres, qui ne doivent pas tous voir sans état d'âme leur pays à feu et à sang ? Les changements en Tunisie et Egypte ont été permis parce que les entourages politiques et militaires ont lâché les présidents. Pourquoi pas en Libye ?

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Voir sur Slate - six raisons pour ne pas aimer Kadhafi

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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