libye - la voix de la France

Publié le 21 Mars 2011

Nicolas Sarkozy aurait été furieux que des diplomates étrangers aient regretté publiquement que la voix de la France ne se soit pas fait entendre au moment des évènements tunisiens et égyptiens.

Il a donc sur-réagi vis à vis de la Libye, et on ne va pas déplorer, un jour le silence, un autre l'action. Il a pris le risque de la guerre, et on a dit ici que c'était malheureusement, aujourd'hui, le seul moyen de faire partir un dictateur. Souhaitons donc la réussite de cette opération, sinon ce sera donner un blanc-seing, pour longtemps, aux despotes de tous bords.

L'opération "aube odyssée" n'est pas sans risques.

Risque d'enlisement d'abord, car on sait qu'une guerre ne se gagne pas avec les seules frappes aériennes. Les insurgés libyens ont-ils la capacité de gagner sur le terrain ? les immanquables "dégats collatéraux" , en clair les victimes civiles, ne vont-ils pas retourner trop vite l'opinion d'un grand nombre de libyens ? la propagande de Kadhafi, qui jouera la fibre nationale, restera-t-elle durablement sans effets?

Risque de partition du pays. L'Est de la Libye n'est pas l'Ouest, et il semblerait que Tripoli et sa région seraient plus favorables au colonel. Une partition, ce sera deux pays que se regarderont en chiens de faïence, dans un esprit de revanche, contraignant les forces de l'ONU à une présence constante pour assurer la paix.

Risque de scission des puissances. N'oublions pas que la Chine et la Russie, mais aussi l'Allemagne, le Brésil, l'Inde ont préféré s'abstenir plutôt que voter la résolution de l'ONU. Et craignons que la Ligue Arabe, qui a fait un premier pas aujourd'hui dans la désolidarisation, poursuive dans ce sens. Il ne resterait alors que la France et l'Angleterre comme puissances belligérantes. On sera revenu au temps de l'expédition du Canal de Suez en 1956, avec le succès que l'on sait.

La meilleure opportunité serait un départ de Kadhafi, que pourrait accélérer l'opération militaire en cours. Un départ volontaire,  personne ne semble trop y croire. Un départ forcé par ses proches, familles, ministres ou officiers d'état-major?  Nul ne peut le prévoir aujourd'hui, mais pourquoi ne pas espérer que, comme en Tunisie, Egypte, Yémen,  la vision d'un peuple libyen écrasé par les bombes, d'où qu'elles viennent, amène les lachages qui isoleront totalement Kadhafi ?

A l'instar d'Aguirre, le conquistador fou, qui finit son rêve de pouvoir et de conquête sur un misérable radeau envahi par les singes.

aguirre

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

Repost 0
Commenter cet article