les rumeurs font le marché

Publié le 11 Août 2011

On pouvait croire que le mercredi 10 août marquerait une accalmie dans la tempête qui a envahi les marchés depuis quelques semaines. Il n'en a rien été.

tempete.jpgLes rumeurs l'ont emporté, et entraîné toutes les bourses dans une infernale spirale de baisse.

La note de la France est sujette à interrogations. Même si les agences de notation se sont voulues rassurantes ces derniers jours à ce sujet, l'une d'entre elles n'avait-elle pas précédemment écrit que la France serait déclassée en 2013, et notée comme spéculative en 2023 !!

Les doutes sont réapparus hier, faisant souffler un vent de folie sur les places financières. A cela s'est ajoutée une autre rumeur : la Société Générale, une des plus importantes banques européennes, connaîtrait des difficultés financières, qui réclameraient un plan de sauvetage. Panique sur toutes les bourses, dégringolade du cours de la SG de 20%, entraînant toutes les banques dans son sillage.

Venant après les chutes des dernières semaines, le résultat est un indice Cac 40 qui approche 3000, contre 7000 il y a quelques années, et la SG qui frôle les 20 €, contre 160€ il y a trois ans.

Le monde de la finance doit être contrôlé et santionné.

C'est enfoncer une porte ouverte que de proclamer l'absurdité d'un monde qui peut basculer dans la panique, avec toutes les conséquences que cela peut avoir, sur de simples rumeurs. C'est le monde que certains ont voulu, par intérêt, et que les autres ont laissé se construire, par incompétence ou ignorance.

Il est impératif de rechercher, en y mettant les grands moyens, les causes de ces rumeurs. Car on  s'enrichit aussi dans des marchés baissiers. Les spéculateurs ne gagnent jamais autant d'argent que lorsque les marchés sont volatils. Et quand ils anticipent une baisse des valeurs, les ventes à découvert génèrent des profits en achetant moins cher qu'ils n'ont été vendus, les titres non détenus.

La rumeur sur la SG est partie d'une information parue dans un journal anglais, qui aurait reconnu qu'elle était totalement infondée.

Dans les enquêtes policières, on recherche à qui profite le crime.

Il faut en faire autant dans le domaine de la finance, car si les petits et moyens épargnants subissent de plein fouet l'érosion de leur patrimoine, nul doute que d'autres Établissements gagnent beaucoup d'argent en se basant sur ces rumeurs pour spéculer à la baisse. De là à penser que d'aucuns créent des rumeurs pour en profiter ...

On ne reviendra pas sur la mondialisation financière.

Par contre une vraie police financière doit être créée, avec plus de moyens que les habituelles autorités de marché, sans moyens et à l'esprit corporatiste,  et qui ont montré toutes leurs limites en trouvant peu et en ne sanctionnant qu' exceptionnellement (1).

Les ventes à découvert doivent être strictement réglementées, et les profits de marché analysés opération par opération. En particulier, comme le propose Jacques Attali, "les institutions financières ne pourraient plus, en même temps et au sein du même établissement, constater des pertes sur les emprunts d’Etat d’un pays et vendre à découvert ces mêmes obligations".

La délinquance financière doit être poursuivie au même titre et avec la même rigueur que la délinquance criminelle. Il faut que le monde s'en donne les moyens.

Depuis des années, les banques ont laissé faire des pratiques sauvages, parce qu'elles rapportaient gros. C'est ce qui a fait exploser les profits des banques de détail, à l'activité pourtant relativement stable par nature. Aujourd'hui, elles peuvent les mettre en péril.

Il est nécessaire que les pouvoirs publics de tous les pays reprennent la main, pour réglementer et moraliser l'ensemble des activités de marché. Les banques ont montré leur incapacité à le faire elles-mêmes, incapables qu'elles étaient de résister à l'appel du profit dans un monde où le résultat est le but suprême. 

 

(1) jeudi 11 août . L'Autorité des marchés financiers souligne dans un communiqué « que le fonctionnement régulier des marchés est altéré par la diffusion de rumeurs infondées concernant les valeurs financières cotées à Paris ». Le gendarme français de la Bourse rappelle que la « diffusion d'informations infondées peut constituer un manquement susceptible de sanction ; de même que le fait d'en tirer profit ». « L'Autorité des marchés financiers en tirera toutes les conclusions », conclut-elle.

Voilà qui fait peur !

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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