les premiers seront les derniers

Publié le 19 Janvier 2012

kodak.jpgKodak a raté l'ère du numérique. Alors que cette société symbolisait la photographie et l'appareil photo, elle risque de disparaître totalement du marché. Sa capitalisation boursière a plafonné à 30 milliards de dollars, elle n'est plus aujourd'hui que de 150 millions. Si Kodak emploie 18000 salariés aujourd'hui dans le monde, elle en employait plus de 60 000 au temps de sa splendeur! L'entreprise vient de se déclarer en faillite . Voilà une société qui a vécu sur ses lauriers, qui n'a pas su voir le vent tourner, ou en profiter, qui a refusé de voir que l'ère de l'argentique était terminée, comme devait l'être celui de la pellicule, vache à lait du groupe.

nokia.jpgNokia pourrait connaître un sort semblable. Après avoir dominé le marché du téléphone portable, il n'a pas vu venir l'ère du smartphone. Accroché à son OS maison, il a laissé ses grands concurrents adopter à quatrième vitesse Androïd, et lutter avec succès contre l'Iphone d'Apple. Androïd est devenu l'OS de référence du smartphone, et le coréen Samsung premier fabriquant mondial. Nokia a  réagi en adoptant l'OS de Microsoft, Windows Phone. Mais arrivé bien trop tard par rapport à ces deux concurrents, il ne décolle pas.

microsoft_logo.jpgCar Microsoft aussi a raté le coche. L'entreprise est pourtant l'inventeur des PDA, qui étaient des smartphones avant l'heure. Réservé au départ aux seuls technophiles, Microsoft n'a pas su croire à l'avenir du produit, et s'est vu happer le marché par Google/Androïd et Apple. Nokia et Microsoft sont aujourd'hui des acteurs marginalisés sur le produit qui est appelé à être le téléphone de demain.

Si être le premier est difficile, le rester, on le sait, l'est encore plus.

D'autant que la situation de premier induit le grossissement de l'entreprise, et avec lui son embourgeoisement, ses rigidités, ses priorités accordées à la rentabilité et la distribution des profits par rapport au développement et aux risques qu'il sous-tend. Et avoir de gros services de marketing n'empêche pas de passer à côté des évolutions.

Si les entreprises mettaient longtemps à mourir jusqu'à ces dernières années, le progrès technique et la mondialisation des modes et modes de vie ont considérablement accentué les courbes de vie.

L'Europe est absente de ces produits phares de la consommation mondiale. Elle aussi était la première, elle aussi est maintenant sous dépendance.  Est-il encore temps d'inverser la tendance? Certainement pas en tous cas par ces sommets politico-démago tels qu'on vient de le voir ces jours-ci.

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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