les limites à la croissance

Publié le 26 Mai 2012

Croissance-copie-1.JPGPréconisée en France par François Hollande, elle est une des clés de son succès électoral. Et il a réussi à convaincre la quasi totalité de ses interlocuteurs chefs d'Etat de sa nécessité.

Il faut dire que les plans d'austérité dogmatiquement préconisés par les agences de notation et les organismes internationaux sont des agressions envers les populations, à qui il est demandé de supporter les conséquences des crises qu'elles n'ont pas causé. La conséquence en est des taux de chômage en rapide augmentation, des taux de 20% étant presque de l'ordinaire.

Pourtant la croissance a ses limites.

Dans  un article récent, nous évoquions l'incompatibilité entre la croissance telle que nous la concevons aujourd'hui, et ce que pourra supporter notre environnement.

Il y a 40 ans, des chercheurs du MIT publiaient un rapport établi à la demande du Club de Rome, "The Limits to Growth". La dernière édition de ce texte qui a fait date a été rééditée récemment (éd. Rue de l'Echiquier "Les limites à la croissance").

La question intéressante, selon le rapport, est de savoir ce qui cause la croissance, et les conséquences de sa rencontre avec les limites physiques du système. Et pour les auteurs, la conséquence sera l'effondrement du système.

Certains pays seraient déjà dans cette situation d'effondrement, la Somalie par exemple, ou les pays arabes qui n'ont pas réussi à résoudre leurs problèmes fondamentaux de rareté de l'eau, et qui doivent importer leur nourriture, leur énergie, dans un contexte d'augmentation de leur population.

La Grèce où l'on voit les clients des banques retirer leur argent, provoquant la fragilisation des banques, entraînant encore plus de retraits, etc.. est dans une situation d'effondrement.

Pour les auteurs, la croissance va s'arrêter, en raison de la dynamique interne du système, et aussi de facteurs externes, comme l'énergie, l'eau ...

De même les auteurs ne croient pas à la domination future de la Chine, qui ne pourra pas tenir sur la longue durée les taux de croissance de 8 à 10% qu'elle connaît aujourd'hui. Elle connaîtra ce qu'a connu le Japon il y a quelques années, que tout le monde voyait comme le pays devant dominer le monde. La croissance de la Chine se heurtera aux problèmes de l'eau, et aussi aux modifications climatiques qui vont rendre stériles les terres qui contribuent aujourd'hui à 65% de la production agricole.

La croissance ne peut donc pas, et ne doit pas, être le seul outil pour résoudre les problèmes du monde. Or les économistes ne connaissent que celui-là. "Si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou", dit un proverbe japonais. Il faut chercher d'autres outils.

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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