les congés payés des politiques

Publié le 8 Février 2011

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La Ministre des Affaires Etrangères de la France se fait balader en jet privé par un homme d'affaires milliardaire tunisien proche du clan Ben Ali, pendant que les tunisiens commencent à se libérer du joug d'un gouvernement ami de près de trente ans.

Le Premier Ministre de la France emmène sa petite famille en Egypte, et se fait loger et transbahuter aux frais de la présidence égyptienne.

Le Président de la République de la France passe Noël au Maroc, aux frais du roi,  qui lui met à disposition un appartement dans un de ses palais.

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Mais qu'ont-ils, nos cadors de la politique à vouloir se faire payer leurs vacances par des dictateurs, qui plus est de pays plus pauvres que le leur ?

Déjà qu'ils ne paient pas grand-chose durant les onze mois de labeur, ils pourraient peut-être faire l'effort de payer leurs congés. Savent-ils que tous les français qu'ils sont censés guider se paient leurs vacances, ou restent chez eux s'ils n'ont pas les moyens ?

Ont-ils conscience que ces cadeaux qu'ils acceptent les rend redevables de leurs donateurs, et restreint leur liberté, de parole, d'action, et même de pensée, et donc celle de la France, à l'égard de gouvernants contestables? Peut-on imaginer Fillon conseiller à Moubarak de gouverner différemment, voire de partir, alors qu'il vient de se faire offrir une semaine de vacances de luxe?

Ont-ils conscience qu'en le faisant, ils encouragent tous les ministres à adopter pareil comportement. Que peut dire Sarko à MAM, alors qu'il a fait pire?

Ont-ils conscience que ce copinage complaisant et intéressé donne à la France une image internationale déplorable, et lui enlève une bonne part de sa crédibilité ?

Ce ne sont certes que de petits profits, bénins par rapport à d'autres scandales. Mais révélateurs d'un état d'esprit où le fric et le plaisir l'emportent sur le reste. Nos hommes politiques seraient-ils trop habitués aux jeux de pouvoir, de compromis, aux postes plus ou moins fictifs, aux soutiens financiers plus ou moins licites, aux missions d'étude bidon dans des pays lointains, pour conserver les repères élémentaires ? La fréquentation de richissimes PDG, aux parcours et formations identiques aux leurs,  dans les clubs fermés et les diners en ville, leur monteraient-ils à la tête? Toujours cette grenouille qui veut avoir l'air...

Dans les pays scandinaves, le premier Ministre se rend à pied à son bureau. En France, quand Fillon part en vacances en Egypte avec sa petite famille, c'est l'Armée de l'air qui met un avion à sa disposition. Il paraîtrait que cela lui serait facturé au tarif prévu. On aimerait bien le connaître. Gageons qu'il est plus proche du prix d'un trajet de transilien 5 zones que du billet économique Paris-Le Caire par Air France!

Nos dirigeants parlent souvent de crise des valeurs. Alors ! que les gouvernants politiques, mais aussi d'entreprises, se montent exemplaires. On en est très loin, de plus en plus loin, quand on voit que le pouvoir est trop souvent utilisé pour se servir en priorité. Il y a 30 ans, l'écart moyen entre le plus petit salaire d'entreprise et le plus gros était de 1 à 20. Il est de 1 à 400 aujourd'hui! La première chose que fait le PDG parachuté à la tête d'une grande entreprise, c'est de fixer sa rémunération, sa retraite et son parachute doré. Les politiques ont compris la leçon. 

Mais qu'on ne s'étonne pas de la démotivation croissante des français à l'égard des politiques, et partant, de la politique. Qu'on ne s'étonne pas de l'accroissement des incivilités quand l'exemple vient d'en haut.

Qu'on s'étonne par contre qu'il y ait encore, malgré tout, des dizaines de milliers de personnes qui sont prêtes à donner de leur temps dans des actions bénévoles, directement ou à travers les associations.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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