le Réal en folie

Publié le 27 Mars 2012

L'Espagne va mal, on le sait. Le pays est dans le collimateur des agences de notation et des spéculateurs à la baisse du monde entier. L'immobilier y est plombé pour longtemps, la croissance est en berne, le taux de chômage atteint le niveau record de 20%, et de 45% chez les jeunes.

Pendant ce temps là, le club de foot du Réal annonce un projet d'investissement pharaonique dans les Émirats Arabes Unis.

Comme c'est l'habitude maintenant dans la région, il s'agit de construire une île artificielle, et de construire dessus un complexe touristique de grand luxe.

real.JPGSur 50 hectares, il est prévu la construction d’un complexe appelé « Sportainment », qui sera achevé en janvier 2015. Il comprendra un parc d’attraction doté d’une immense montagne russe, un musée sur l’histoire du club centenaire, plusieurs installations sportives dont un stade en demi-lune de 10 000 places, une marina et un hôtel de cinq étoiles, 60 bungalows, 48 villas et 400 appartements avec plage privée.

Le coût ? Un milliard de dollars, dont 760 millions seront empruntés.

Le Réal est certes le club le plus riche du monde. C'est aussi le plus endetté. Il ne faut donc pas se louper sur le retour sur investissement, mais le président, Florentino Perez, est confiant :  l’investissement […] donnera vie à un projet avec une offre de loisir de qualité et avec le cachet du Réal Madrid ».

Et d'ajouter : "A travers ce projet, nous voulons transmettre aux gens la signification du sentiment madrilène. Le visiteur fera partie du meilleur club de l’histoire du football. C’est un pas de plus pour que le Réal soit éternel ».

Monsieur le Président du Réal gagnerait peut-être à relire La Fontaine, et sa grenouille qui voulait être aussi grosse que le boeuf !

Est-ce bien raisonnable?

A l'heure où des centaines de milliers d'espagnols se battent au quotidien pour boucler les fins de mois, où ils désespèrent de trouver l'emploi nécessaire à la vie, n'est-il pas indécent qu'un club de foot, fût-il le Réal, se permette d'investir un milliard de dollars à 3000 km de l'Espagne, dans un projet qui concernera une poignée seulement de richissimes clients?

Le monde a toujours eu ses riches et ses pauvres, ses masures et ses châteaux. Mais ils ne sont plus en Espagne.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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