le pire est devant ...

Publié le 14 Juillet 2011

14 300 milliards de dollars.

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C'est le plafond de la dette américaine, accordé au gouvernement par le Parlement américain, et que ce dernier refuse pour l'instant d'augmenter, menaçant de défaut les USA. On n'ira pas jusque là, pas en août prochain en tous cas, les républicains cèderont, le plafond sera relevé, et le Trésor américain pourra de nouveau emprunter pour .... rembourser les emprunts précédents.

Ce plafond, dont le principe a été fixé en 1917 pour permettre au gouvernement américain de financer la guerre sans avoir à demander sans cesse des accords au Parlement, a été relevé dix fois ces dix dernières années. Il est ainsi passé de 5950 milliards de dollars à 14300 milliards de dollars en mai dernier!

Une effrayante épée de Democlès.

Ces milliers de milliards de dollars que les EU doivent au monde constituent une bombe à retardement qui explosera lorsque la confiance dans la toute puissance américaine s'émoussera.

Et c'est bien ce qui est en train de se passer. Les agences de notation menacent d'abaisser la note des EU. Elles ne le feront pas pour l'instant, mais le doute s'est instillé, la prise de conscience est faite, "rien ne sera plus jamais comme avant", comme aimait l'expliquer à ces cadres dirigeants un ancien PDG d'une grande banque qui m'est chère.

Dans les semaines, mois, années à venir, les marchés vont douter. Rien n'est plus difficile que de rétablir la confiance perdue, surtout quand la confiance relève de la foi du charbonnier. Pendant des années, le monde et les marchés ont refusé de voir la réalité, se focalisant sur l'Argentine, les tigres asiatiques, l'Irlande ou la Grèce, refusant de voir que le danger venait du pays le plus puissant du monde.

Les EU ont pu s'endetter et ne pas rembourser leurs déficits parce qu'ils avaient la confiance du monde, assurée par leur leadership économique et financier, et partant politique.

Ce leadership est fini. Le rêve américain est mort à la fin des années 70, à partir du moment où les revenus du travail n'ont plus augmenté, et que l'endettement des ménages a pallié la stabilité des revenus. Et la confiance va disparaître avec lui.

La mondialisation a accru les profits des grands groupes et appauvri l'occident.

En cause, la mondialisation, qui, derrière une augmentation des profits apparents des grands groupes, a laminé nos économies et tué les perspectives et potentialités de croissance.

En transférant les emplois ailleurs, elle a contribué à l'appauvrissement des pays occidentaux.

Elle a d'abord entraîné la disparition de milliers d'entreprises balayées par la concurrence des pays à très bas coût de main d'oeuvre.  Des secteurs entiers de l'industrie ont disparu, textile, sidérurgie, métallurgie, habillement, informatique. Demain, l'automobile, l'ingénierie informatique. La prise de conscience arrive maintenant, trop tard, et certains veulent recréer l'industrie disparue. Cela tient évidemment du rêve.

Elle a ensuite supprimé des milliers d'emplois, qui ont été délocalisés en Inde, en Chine, en Afrique. Des emplois d'ouvrier, du tertiaire, et maintenant de cadre.

Les grands groupes se sont engouffrés dans ces opérations qui leur permettent de produire à coûts plus bas, en les allégeant en plus de la charge de la gestion des hommes. Ils le regretteront le jour où leurs sous-traitants deviendront traitants, quand ils ne le sont pas déjà. En attendant, leurs profits ont explosé, et les dividendes et le cours des actions avec eux. A la joie de tous les bénéficiaires de plans de stock-options et de distribution d'actions gratuites, actionnaires, cadres, et surtout top mamagement.

Mais c'est l'arbre qui a caché la forêt.

Le monde économique est une compétition où le gagnant-gagnant, pour utiliser le jargon à la mode, est une utopie. 

Car l'autre face est beaucoup plus noire.

C'est la stagnation des salaires, avec le chantage de la délocalisation, compensée aux EU par un recours forcené à l'endettement pour maintenir le niveau de vie, conduisant à la crise des surprimes.

C'est la baisse de l'emploi, avec 10 à 25% de la population de l'occident qui est sans emploi, disparition des entreprises et délocalisations obligent, mais aussi faible croissance en raison de la stagnation du pouvoir d'achat.

C'est la perte de la domination technologique, aucun des grands produits technologiques d'aujourd'hui ne provient désormais de l'occident. Or la puissance innovatrice de l'Occident était le moyen mis en avant par tous les économistes pour lui permettre de rester compétitif et de survivre. A défaut de vendre moins cher, vendons nouveau. 

La confiance ne se décrète pas, elle s'acquiert. Pendant des décennies, on n'a pas voulu voir la réalité financière américaine et les conséquences possibles de leur incroyable laxisme. Cela a été sans conséquence tant que le monde avait une foi inébranlable dans la puissance américaine. La perte de confiance qui s'annonce va sonner un réveil cauchemardesque, qui va mettre en péril les économies du monde entier. 

Avec le risque nucléaire, tombé déjà dans les oubliettes de l'histoire alors que Fukushima continue son oeuvre destructrice, ce sont les deux immenses problèmes qui risquent de bouleverser l'avenir du monde.

 

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Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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