le modèle allemand

Publié le 30 Janvier 2012

Il y a quelques années, on jetait aux orties l'Allemagne et son modèle.

Souvent les temps varient, et l'Allemagne est aujourd'hui le modèle de la zone euro.

Il est disputé en France tant par Nicolas Sarkozy que François Hollande, il pourrait être l'enjeu des élections présidentielles.

Pourquoi un modèle allemand?

modele allemandAu moment de la réunification des deux Allemagne, d'aucuns prédisaient que l'ex RFA y perdrait son âme, que le coût serait insupportable, que les allemands de l'est, assistés et ignorants des contraintes productivistes du capitalisme ne pourraient pas s'adapter. On doutait de l'intégration.

Celle-ci a été réussie avec succès et dans des délais incroyablement courts. Elle reçoit l'admiration de tous.

Le modèle allemand, c'est une économie en croissance plus forte que la France, avec un chômage inférieur à 8%, et une balance commerciale excédentaire de plus de 100 milliards d'euros, quand celle de la France est en déficit de plusieurs dizaines de milliards.

L'industrie allemande en ressort encore plus forte qu'avant. Car le point clé du modèle allemand n'a pas souffert du choc des cultures est-ouest.

Et l'Allemagne aime toujours autant son industrie. Le capitalisme allemand est avant tout industriel, constitué d'entreprises multi-nationales, mais aussi d'un tissu formidable de PME, solides, soutenues par les banques et les grandes entreprises, innovantes et exportatrices.

L'autre point fort de l' Allemagne est le dialogue social, caractérisé par l'existence de syndicats peu nombreux mais puissants, affiliés de près ou de loin à aucun parti politique, ne craignant pas de se faire traiter de complice du patronat quand ils s'associent à la gestion. Un dialogue ouvert, assis sur le respect de l'autre, n'excluant pas les conflits, mais comme solution ultime.

Sur ces deux derniers points, la France vient en opposition avec son grand voisin.

modele-all.jpgTraditionnellement, la France n'aime pas son industrie, à la différence du pays de Marx. L'entreprise y reste associée à  l'usine, dirigée par des patrons profiteurs et exploiteurs, imposant des conditions de travail sans humanité. A partir des années 70/80, on l'a laissé filer sans état d'âme, faisant disparaître de nos régions la sidérurgie, la métallurgie, tout le textiles, des filatures à la bonneterie et l'habillement, l'électro-ménager, produits brus et blancs, l'informatique, l'électronique grand-public, une bonne partie de l'automobile...

Cette "imago horribilis" est peut-être due aux traditions syndicales françaises, marquées par une affiliation des grands syndicats à des partis politiques dans un esprit de contestation du système. Le dialogue social n'a jamais vraiment joué en France, et si progrès social il y a eu, il a été le plus souvent le résultat de conflits ouverts et violents. Si les choses se sont relativement apaisées ces dernières années, cela est due à l'affaiblissement des syndicats, dû à la part décroissante dans l'économie du secteur public et à la peur pour soi que génère la crise de l'emploi. Mais le dialogue social n'a que peu progressé, marqué par la méfiance, voire l'hostilité systématique des syndicats envers les directions, et par un mépris de ces dernières à leur égard, la suffisance des élites françaises s'accordant mal à la concertation véritable.

Il n' y a pas à proprement parler de modèle allemand. Il y a des différences culturelles, qui font du capitalisme allemand un système partagé et consensuel. La France est loin derrière, qui reste un pays de privilèges et de pseudo élites, restreignant le dialogue et l'esprit entrepreneurial.

Ce ne sont pas seulement des lois et des circulaires qui nous feront grandir.

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Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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