le Médiator - un scandale qui se répète

Publié le 22 Décembre 2010

Le scandale du Médiator montre les dérives de notre société de consommation, et l'inefficacité de notre système de contrôle.
mediator.jpgL'affaire du MEDIATOR est intéressante à plus d'un titre. Succédant à d'autres scandales du genre, sang contaminé ou  l'hormone de croissance pour ne citer que les plus graves, elle montre l'inefficience totale de tous nos processus de sécurité. 
Rappel de l'historique
1976 - Commercialisation du Médiator pour les malades diabétiques.
1997 - Retrait du médicament aux Etats-Unis.
1998 - Trois professeurs de médecine alertent l'Agence du Médicament du risque du médicament quand il est utilisé comme coupe-faim.
2003-2004 - Retrait du Mediator en Espagne et Italie.
2007 -  L'Agence française de sécurité sanitaire de produits de santé (Afsspas) recommande de ne pas utiliser le Mediator comme coupe-faim.
2008 - Irène Frachon (pneumologue au CHU de Brest) lance l'alerte sur les risques cardiaques liés à la prise du Médiator
2009 - Le Médiator est retiré du marché français en novembre.
Le 15/11/2010, on estime à 5 millions le nombre de personnes ayant eu recours au Médiator. On estime à 1000, voire 2000, le nombre de personnes décédées suite à sa consommation.
Questions
- Pourquoi ce médicament qui a reçu son autorisation de mise sur le marché (AMM) comme remède anti-diabétique, a-t-il été prescrit massivement comme coupe-faim ?
mediator-frachon.jpg- Pourquoi l'alerte lancée dès 1998 par trois médecins de la Sécurité Sociale n'a-t-elle pas été entendue, pas plus que celle d' Irène Frachon (photo ci-contre) dix ans plus tard ?
- Pourquoi a-t-on continué à le rembourser à 68%, alors qu'en 1999 puis en 2006 son efficacité a été jugée discutable par la Commission de transparence du Médicament qui avait rendu un avis défavorable à son remboursement ?
Commentaires
- L'insouciance, et même l'inconscience, des patients qui acceptent ou demandent des vrais médicaments pour des motifs de confort pour lesquels ils n'ont pas été créés, ne voulant pas avoir en vue que le médicament est un produit nocif et dangereux, à prendre avec précaution et en cas de vraie nécessité seulement.
- La légèreté et l'esprit  mercantile de nombreux médecins qui acceptent de prescrire par clientélisme des médicaments lourds pour des besoins autres que ceux qui ont été à l'origine de leur création.
- L'inutilité des pharmaciens qui pour certains se sont étonnés de la prescription d'un médicament lourd et contesté, et qui l'ont vendu quand même. La transformation rapide de l'apparence des pharmacies en parfumerie de luxe tend à une banalisation du médicament qui ne peut pas être sans conséquence.
- Le poids exorbitant des lobbies de tout poil, à commencer bien sûr par les laboratoires, qui ont poussé à la poursuite de la vente d'un produit à la dangerosité sue de tous, pendant des années après la reconnaissance du danger.
- La totale inefficacité de l'administration à la française, empêtrée dans ces réglementations, objet de multiples pressions, composée d'une multitude de structures de contrôle faisant toutes appel à des "experts" au service des laboratoires et sans qu'on sache bien quelles sont les décisionnaires .
Aux Laboratoires Servier (qui ont plusieurs affaires du genre à gérer), on ne fait pas de commentaire. Circulez, il n'y a rien à voir.
La suite ? On va nommer des commissions d'enquête, une Commission parlementaire, on va supprimer une entité de contrôle jugée inutile et la remplacer par une nouvelle aux membres identiques et aux pouvoirs aussi indéfinis, on va établir un décret modifiant le process.
Le bruit médiatique va diminuer, puis tout recommencera comme avant. Jusqu'au prochain scandale. Ainsi va la vie. Sauf pour les victimes.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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