le français est pessimiste

Publié le 4 Janvier 2011

Selon une étude réalisée par BVA-Gallup auprès de 60 000 personnes dans 53 pays, le français est parmi  les plus pessimistes du monde. Pourquoi?

pessimiste.jpgVenant d'une société rurale patriarcale, il est devenu l'héritier du siècle des Lumières. Qui croyait en l'avenir meilleur de l'homme grâce à l'accumulation des connaissances. Il est aussi du pays de l'idée d' Etat providence, qui a pour objectif  la cohésion sociale, et son corollaire, la  solidarité.

Mais avec le recul, le doute s'insinue.

Ces raisons d'espérer l'amélioration de notre condition n'ont pas évité les guerres. En admettant qu'elles ont été moins nombreuses ces dernières années, ce qui reste à prouver, elles ont été infiniment plus meurtrières.

Elles ont été également impuissantes à résoudre les grands problèmes que la France traîne depuis des dizaines d'années, comme un fil rouge à la patte, qui font la perpétuelle une des média et les sujets de thèses dans les Universités.

Citons parmi eux le logement, de moins en moins social, de plus en plus cher, de plus en plus en plus loin du lieu de travail; la circulation automobile, pour laquelle les seules solutions dorénavant envisagées sont le péage et l'interdiction, Bismarck1894.jpgalors que les transports collectifs sont de plus en plus onéreux; les déficits des régimes sociaux, assurance maladie et caisses de retraite, pour lesquels on va de réforme en réforme depuis 40 ans, avec comme point commun une érosion continue du rapport coût/prestation; le chômage, dont le clignotant était fixé à 3% de la population à la fin des années 70, qui est maintenant à 10%, sans que cela n'inquiète personne; la sécurité, inaccessible dans les cités qui se sont communautarisées et sont devenues pour un nombre croissant d'individus des zones de non droit.

Enfin ces raisons d'espérer ont été battues en brèche par la mondialisation, perçue comme la fin de cet État providence, qui devait protéger les  plus faibles des plus forts. Face au libéralisme mondial triomphant, qui a la planète comme territoire d'action, les États sont désarmés pour protéger leur industrie et les emplois, sauf à revenir à un protectionnisme au bienfait duquel bien peu croient.

Certes le confort s'est amélioré, les tâches pénibles, domestiques et professionnelles, sont en voie de disparition, l'espérance de vie a crû sous l'effet des progrès de l'hygiène et de la médecine. Mais le lien social s'est étiolé, les familles ont éclaté, la solidarité familiale a été remplacée par celle de l'état,  l'argent et la réussite sociale sont restées les valeurs dominantes, mais surtout ont ringardisé les autres valeurs. La peur de la précarité a envahi un nombre croissant de personnes.

Si la France est plus pessimiste que d'autres, c'est que l'espoir y était plus grand.

Aujourd'hui, face à un passé imaginé plus radieux qu'il l'était et à un avenir incertain par définition et craint parce qu'on ne croit plus en la protection d'un état providence, beaucoup de français ont peur.

Aussi parce que le dominant que nous étions, avec nos camarades occidentaux, est en passe d'être rattrapé. Normal que le rattrapant soit plus joyeux que le rattrapé. Surtout que le déclin relatif  y est plus rapide qu'en Allemagne, par exemple, qui a su mieux que nous sauver son industrie et préserver ses emplois. Les excédents de sa balance commerciale en sont le signe éclatant.

Le grand débat de 2012 et des suivantes devra être celui-ci : redonner aux français des raisons d'espérer.

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Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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