le déclin est-il inéluctable?

Publié le 11 Octobre 2012

L'Espagne vient encore d'être dégradée, sa note flirte avec celle attribuée à la dette spéculative. Le chômage y est devenu endémique, et concerne près d'un jeune sur deux. Les perspectives de notation sont négatives, dans quelques mois, voire semaines, l'Espagne fera partie des pays spéculatifs, ce que l'on croyait réservé il n'y a pas si longtemps aux pays les plus pauvres, pas encore en développement, ou gangrenés par la guerre et la corruption.

C'est officiel, la France est entrée en récession, comme beaucoup d'autres pays européens. Le chômage progresse à une allure inégalée, les plans sociaux et fermetures de sites font l'actualité quotidienne, le redressement financier est remis à plus tard, sauf à vouloir enfoncer encore plus l'économie.

Technicolor est mis en liquidation judiciaire, sans poursuite de l'activité. Ainsi va disparaître ce qu'il reste de l'autrefois prestigieux Thomson. Pourtant Technicolor n'est pas une entreprise ringarde. Elle fabrique des box Internet et des décodeurs, marché porteur s'il en est, où l'innovation est bien présente. Preuve, s'il en est besoin, que l'innovation n'est pas le salut de l'occident, en tous cas pas seulement. Car l'ouest se fait dominer dans tous les secteurs économiques, y compris les plus innovant. La faillite de la filière solaire française, pionnière et florissante il n'y a pas si longtemps en est bien le signe.

La gauche française déçoit, y compris le peuple de gauche. Mais pouvait-il en être autrement? L'occident se meurt, balayé par une Asie en plein boum grâce à une main d'oeuvre payée dix fois moins chère, et une monnaie maintenue à un niveau artificiellement bas. Les règles du jeu du capitalisme mondialisé n'ont pas changé, et  la gauche française a choisi de ne pas les remettre en question. Elle n'a pas plus de marge de manoeuvre que la droite, et le blanc bonnet est toujours le même que le bonnet blanc.

D'autres partis, à droite et à gauche, expriment la volonté de sortir du cadre et de se mettre hors-jeu. Sortie de l'euro, limitation des échanges, limites à la liberté de circulation.

Seulement est-ce possible? Le remède ne serait-il pas pire que le mal? D'ailleurs, une fois au pouvoir, qui aura le courage, ou l'inconscience, de revenir au franc, de rétablir un protectionisme, de mettre en place un nationalisme économique, qu'on a tant dénigré depuis des décennies.

Le monde économique est planétaire, le monde politique est étatiste. La production de demain sera localisée dans les pays les plus compétitifs, c'est à dire aux salaires les plus bas. Les services financiers, marketing, recherche,  suivront, c'est déjà commencé. L'Europe est condamnée au déclin et au chômage, et les générations futures à l'émigration si elles veulent travailler. Sans espoir de retour pour la plupart.

Un vaste mouvement de redistribution mondiale des sites de production et de décision économiques est engagé. Les gagnants seront l'Asie, la Chine en premier lieu, et l'Amérique latine, les perdants seront l'Europe.

Peut-on l'éviter?

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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