le cauchemar de la panique financière

Publié le 12 Juin 2012

On travaille officiellement à la Commission européenne sur un scénario de sortie de la Grèce de la zone euro.

Risque de panique financière.

Les grecs voteront dimanche prochain pour élire leurs députés. Devant la disgrâce des deux grands partis de droite et de gauche qui ont gouvernent la Grèce depuis 30 ans, les partis anti Europe ont le vent en poupe, et sont favoris pour arriver au pouvoir.

Beaucoup de grecs appréhendent ce moment. La sortie de l'euro et le retour à la drachme vont appauvrir tous les grecs qui ont des avoirs en euro par l'effet mécanique de la dévaluation, qui est le but même du retour à la monnaie grecque. Beaucoup d'argent a déjà quitté les banques grecques pour les banques allemandes. Dès leur arrivée au pouvoir, les nouveaux dirigeants grecs devront rétablir un contrôle des changes, interdisant aux grecs de transférer leurs avoirs à l'étranger.

Si la sortie de l'euro de la Grèce se confirmait, alors les espagnols, portugais, italiens même, vont se poser la question pour leur propre pays. Et par prudence, les plus aisés n'hésiteront pas à transférer eux aussi une partie de leurs avoirs à l'étranger afin d'en préserver leur valeur. D'ailleurs le mouvement est déjà commencé, aggravant la situation financière des banques grecques, et contrariant le succès des plans de rigueur.

Le vrai danger d'une sortie de la zone euro de la part de la Grèce est bien une panique financière, qui amènerait nombre d'épargnants à transférer leurs avoirs dans d'autres pays, éventuellement hors zone euro, éventuellement dans d'autres devises.

Le contrôle des changes serait rétabli.

Cette panique financière, c'est le cauchemar des banquiers et de tout responsable politique et économique, c'est la pire catastrophe financière qui puisse arriver, amenant faillite des banques, ruine des clients, morts d'entreprises, et récession.

Alors les autorités européennes travaillent sur des scénarios de protection, fondés sur le rétablissement du contrôle des changes.

Celui-ci a existé en France jusqu'en 1989, ce n'est pas si vieux. Il a disparu avec l'Europe, qui prônait la quadruple liberté de circulation des hommes, des capitaux, des biens et des services.

Mais si la Grèce sort de l'euro, la sécurité présumée par la monnaie unique va s'évanouir, les grecs, espagnols, portugais, voire italiens, vont attacher de la crédibilité à une pareille mesure pour eux-mêmes, les marchés financiers ne regarderont plus l'euro et les pays de la zone comme une entité unique.

Parions que les conseillers financiers de tout poil et que les directeurs financiers des grandes entreprises trouveront prudents de répartir les risques, et de transférer une partie de leurs avoirs dans des pays plus sûrs. Tous les pays de la zone euro seront donc concernés.

Le contrôle des changes rétabli, ce sera une remise en question forte des principes fondateurs de l'Europe d'aujourd'hui, et le doute posé au monde entier sur la pérennité de la zone euro. Çà va secouer sur les marchés financiers, et la France sera au premier rang après le groupe des pays du sud.

Mais peut-être faut-il en passer par là pour se poser les bonnes questions, et rebâtir une Europe plus homogène, assise sur une culture et une histoire commune, composée de pays à économies voisines.

Mais la condition du succès restera toujours l'acceptation par chacun des pays de la perte d'une partie de leur souveraineté dans les grands domaines économique et politique. Qui y est prêt ?

Rédigé par jdio

Publié dans #notre temps

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