la spéculation, toujours

Publié le 18 Mai 2012

Quand la réalité dépasse la fiction, quand le réél dépasse le cinéma.

jp_1.jpgJP Morgan, depuis de nombreuses années, c’est la banque de référence . Avec Lehman et Goldman Sachs, elles ont fait pendant des décennies de l’ombre à toutes les banques. Elles brillaient de tous leurs feux, faisant la pluie et le beau temps, conseillant les multi-nationales et les États, reines des marchés.

Lehmann Brothers a sombré corps et biens, amenant dans sa chute la crise financière de 2008, une des plus fortes de tous les temps.

Goldman Sachs est toujours là, mais compromis dans plusieurs affaires, dont la plus douteuse est  son rôle pour le moins ambigu en tant que conseil de l'Etat grec pour la gestion de sa dette. La ligne jaune a été largement franchie, conseillant d'une part l'Etat grec, spéculant par ailleurs à la baisse.

JP Morgan a annoncé il y a une semaine une perte astronomique de 2 milliards de dollars, réalisée en 6 jours, consécutive à des opérations de couverture d’opérations à risques. On apprend aujourd'hui qu'il faut ajouter 1 milliard de dollars au 2 déjà annoncés.

La suite, on la connaît.  "Too big to fail", donc l'Etat aidera la banque pour éviter sa chute. Et pour montrer sa bonne volonté et rendre contents les marchés, JP Morgan supprimera quelques milliers de postes tenus par des personnes qui ne sont pour rien dans les choix stratégiques hasardeux de quelques uns. Ainsi va la vie dans le milieu libéralo-capitaliste pur et dur.

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de la finance. Et bien malheureux est ce monde qui est obligé de subir la loi de ses entreprises sans âme, dont la motivation unique est l’argent, toujours l’argent.

Le film récent « Margin call » se situe à la veille de la crise de 2008. Ce qui vient de se passer pour JP Morgan est du même tonneau. Peu de choses ont changé dans le royaume de la banque spéculative.

Une réglementation s’impose rapidement, qui ne doit pas se limiter à la séparation des activités de banque de marché et de détail, qui est déjà mise en œuvre dans toutes les banques.

Une séparation juridique et capitalistique des activités est nécessaire, mais aussi une réglementation et un contrôle des opérations de marché doit être appliquée, où qu'elles soient exercées. Ceci implique une concertation et un consensus mondial.

Mais tout ceci sera sans effet si on ne s'attaque pas avec la plus extrême volonté aux paradis fiscaux, à partir desquels ces grands établissement financiers font toutes les opérations interdites. La difficulté du challenge ne laisse pas beaucoup d'espoir à l'amélioration des choses.

On sait que lorsqu’on ouvre la porte de la liberté à la finance, la cupidité des hommes s’en empare aussitôt. De tous temps les financiers ont abusé de leur position et de leur savoir pour amasser des fortunes personnelles. Rien n'a changé depuis les prévarications des fermiers généraux qui ont amassé fortune et construit châteaux sur le dos des contribuables. Que les victimes et les méthodes. 

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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