la "science" économique en faillite

Publié le 29 Mars 2012

On sait que la science économique n'est pas une science exacte. Est-ce même d'ailleurs une science?

L'utilisation de quelques modèles économétriques, n'intégrant le plus souvent que les paramètres quantifiables, ne suffit pas à qualifier de science une discipline dont on voit tous les jours les limites.

Regardons ce qui se passe en Espagne.

Voilà un pays qui est en récession, c'est à dire sans croissance depuis plusieurs mois.

Voilà un pays où 23% de la population active est sans emploi. Ce taux approche 50% chez les jeunes, diplômés ou pas diplômés.

Voilà un pays qui connaît un déficit budgétaire très important, en partie parce qu'il n'y a plus de croissance, et que les dépenses à caractère social doivent compenser la baisse des ressources nées du travail.

Voilà un pays dont l'endettement extérieur est très lourd, parce qu'il y a déficit budgétaire, et que la balance commerciale est largement négative. L'économie espagnole n'a la force ni de lutter contre les industries des pays émergeants à bas coûts de production, ni d'être compétitive dans une Europe à la tradition industrielle plus ancienne et plus innovante. Dans les deux cas,  le pays est bloqué par une devise qu'il ne maîtrise pas, parce que commune à des pays très différents, et gouvernée par le plus fort.

La solution des économistes?

Elle est toute faite, c'est celle que le FMI applique depuis des décennies à tout pays en crise: le serrage de ceinture.

Clé n°1 : il faut réduire le déficit budgétaire.

Et pour cela, il n'y a pas d'autre moyen qu'augmenter les recettes et diminuer les dépenses. Le premier trouve vite ses limites dans un pays en récession et sous-emploi. Peu de possibilité d'augmenter les impôts indirects, au risque d'accroître la récession, pas plus que celui sur les revenus, qui globalement baissent. Il faut donc diminuer les dépenses, ou du moins celles qui peuvent l'être, la plus grande partie des dépenses de l'Etat et assimilés étant fixe par nature. On taille dans les projets d'investissements et les dépenses sociales de redistribution, hypothéquant l'avenir, et aggravant encore la situation des plus modestes.

Clé n°2 : déréglementer le marché du travail.

En clair, c'est une plus grande liberté accordée aux entreprises de virer leurs salariés, et de les payer moins en facilitant le recours à des contrats plus ou moins précaires.

Au bout du compte, les plus pauvres seront encore plus pauvres, le chômage aura explosé, des dizaines d'entreprises auront fermé leurs portes, les investissements publics n'auront pas été faits, le pays aura perdu de la compétitivité alors même que l'origine de ses difficultés tenait à sa dégradation, le modèle social se sera dégradé, affectant le consensus social indispensable à toute société.

La pression et les souffrances auront été telles que dès la situation financière, mais seulement financière, assainie, le relâchement jaillira, les pouvoirs politiques ne pouvant plus longtemps résister à la pression des citoyens.

Et le cycle de continuer sans fin, un stop and go incessant. Pas nouveau certes, mais qui se traduisait avant l'euro par des dévaluations compétitives, qui entraînent aujourd'hui chômage et émigration.

Car la cause n'est jamais traitée.

Et les économistes dans tout cela? Bien protégés par le confort de quelques principes assénés comme des vérités intangibles par des pseudo experts, et bien à l'abri des malheurs sociaux générés par les plans qu'ils préconisent, ils ne se remettent jamais en cause, oublient de penser que la finalité de la société doit être le bonheur des citoyens, ne sont jamais virés, pas plus que les politiques ou les dirigeants, des errements qui ont conduit à ces situations de faillite.

espagne.JPGAlors c'était grève nationale ce jeudi en Espagne.

Pour lutter contre ces politiques qui agissent contre les peuples, qui amènent chômage et précarité de l'emploi, bouchent l'avenir, forcent les plus jeunes à partir. Cela ne changera probablement rien, mais il est bon que la majorité qu'on dit toujours silencieuse s'exprime de temps à autre.

Pour montrer à ceux qui nous gouvernent qu'elle existe, et que l'intérêt des peuples dépasse le seul intérêt des entreprises et des pseudo élites qui les dirigent.

Rédigé par jdio

Publié dans #humeurs

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